Les forces de l’ordre soudanaises ont lancé des gaz lacrymogènes hier à Port-Soudan pour disperser des manifestants qui voulaient déposer une pétition contre le gouvernement au siège local du parti au pouvoir, selon le récit d’un témoin. Plus de 200 personnes ont pris part à la manifestation, qui s’est disloquée avant que les manifestants ne parviennent à leur but. Port-Soudan, sur la mer Rouge, est le principal port du pays. Ceux qui manifestent depuis deux semaines au Soudan entendent protester contre la vie chère et une pénurie de liquidités et de carburant dans un contexte de détérioration de la situation économique. De nombreux manifestants demandent la fin du régime du président Omar el-Béchir. Pour disperser les manifestants, les forces de l’ordre ont souvent recours aux balles réelles, aux gaz lacrymogène et aux grenades assourdissantes, selon des témoins. Certains manifestants ont été arrêtés, ainsi que des personnalités de l’opposition.
Omar el-Béchir a déclaré hier lors d’un discours que le gouvernement envisageait de décréter une hausse des rémunérations à partir de ce mois-ci, sans toutefois préciser de combien les salaires augmenteraient. Les manifestants à Port-Soudan représentent un groupe de partis politiques qui souhaitaient que le chef de l’État limoge le gouvernement et forme une administration de transition qui fixerait une date pour des élections. La pétition demande également l’ouverture d’une enquête sur les exactions que pourraient avoir commises les forces de sécurité au cours des deux semaines de manifestations contre le gouvernement.

