La famille de Mohammad Wehbé, le petit garçon palestinien décédé lundi soir à Tripoli, a remercié jeudi les personnes qui ont exprimé leur solidarité vis-à-vis de cette affaire, se désolidarisant toutefois des manifestations qui ont eu lieu dans le courant de la semaine, notamment à Beyrouth et Tripoli.
Les membres de la famille, qui vivent dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared, au Liban-Nord, ont "remercié tous ceux qui se sont montrés solidaires de ce drame, des quatre coins du monde". "Nous n'avons pas appelé à l'organisation de manifestations, ni à l'intérieur du camp ni à l'extérieur", ont-ils toutefois souligné, précisant que ces mouvements de protestation étaient "des sit-in spontanés de solidarité avec l'enfant défunt et de protestation contre les réductions budgétaires frappant l'Unrwa (l'agence de l'ONU en charge des réfugiés palestiniens, NDLR) en ce qui concerne les soins de santé". "Nous ne sommes pas en faveur de l'incendie de pneus (pour bloquer les routes) ni du blocage des bâtiments médicaux de l'Unrwa", ont-ils ajouté. Ils ont décliné toute responsabilité face aux "mouvements de protestation non-pacifiques ou illégaux".
La famille a encore appelé à la tenue d'une "enquête transparente afin d'éclaircir les circonstances de ce qui est arrivé, de l'entrée de notre enfant à l'hôpital jusqu'à sa mort".
Dans la nuit de mardi à mercredi, de nombreuses personnes avaient manifesté place Riad Solh, dans le centre-ville de Beyrouth, et à Tripoli, au Liban-Nord, après le décès d'un petit garçon palestinien qui avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux, des informations relayées en ligne rapportant que l'enfant n'avait n'a pas été admis dans plusieurs établissements hospitaliers pour des raisons financières.
Mardi, le ministère libanais de la Santé avait indiqué que l'enfant palestinien, Mohammad Majdi Wehbé, qui avait été opéré à deux reprises depuis août pour des problèmes cérébraux, était hospitalisé à l'hôpital gouvernemental de Tripoli au moment de son décès, après y avoir été transféré de l'hôpital islamique. Le ministère avait précisé que tous les frais hospitaliers occasionnés au cours de ces derniers mois avaient été couverts par l'Unrwa.
L'administration américaine avait annoncé en août dernier la fin de ses versements à l'Unrwa, un organisme qui est financé presque entièrement par des contributions volontaires d'Etats. Washington a versé en 2018 60 millions de dollars à l'UNRWA, au lieu des 365 millions promis, ce qui a entraîné des réductions des aides et services fournis par l'ONU aux Palestiniens.


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