C’est l’un des puissants frères qui ont construit Mont La Salle, joyau éducatif et sportif du Metn. Il contrôlait pratiquement toutes les écoles des Frères du Liban et du Moyen-Orient, dont mon cher collège des Frères de Tripoli où j’ai fait toute mon éducation. Il avait la carrure haute, il était très délicat en parole, charmant et charmeur à la fois, toujours donnant l’impression d’un calme profond et rassurant à la fois. Natif de Beit Mounzer, au Liban-Nord, et voisin de mon cher village de Qnat, je me sentais apparenté à lui. Il était un savant philanthrope, qui outre son rôle administratif au sein de la communauté lasallienne, vouait un amour profond au Liban, à nos racines et à nos ancêtres phéniciens. Il nous a transmis cet amour du pays en écrivant un ouvrage sur nos origines libanaises. La dernière fois que je l’ai rencontré, c’était à la maison de retraite de Mont La Salle. Il était fatigué, le dos un peu courbé. Il m’a pris par la main de façon filiale, comme le faisait son prédécesseur saint Jean-Baptiste de La Salle avec les enfants pour leur montrer l’étoile de leur destin qu’il faut suivre. Content de ce que fut l’ouvrage de sa vie, Mont La Salle, il m’a montré la statue de saint Jean-Baptiste qu’il a pris le soin d’ériger dans la cour du collège. Il était très fier d’elle, posée en face des bureaux administratifs du collège. Paix à son âme. Un grand éducateur vient de disparaître. Il mérite d’être un saint de la communauté lasallienne des Frères des écoles chrétiennes, comme le furent des décennies avant lui saint Bénilde et d’autres…
Dr Alexandre AOUN
Chirurgien gynécologue, promotion collège des Frères de Tripoli 1967, Arabie saoudite


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