Les États-Unis ont bloqué la nomination de nouveaux juges à l’OMC, ce qui pourrait paralyser le fonctionnement de cette cour d’arbitrage à la fin de 2019. Photo AFP
Les grandes puissances économiques s’en sont prises hier aux États-Unis lors d’un forum de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), au cours duquel Washington a été accusé de protéger ses intérêts personnels au détriment de son rôle de leadership. Chaque membre de l’OMC doit se soumettre périodiquement à un passage en revue de sa politique en matière commerciale, mais l’audit des États-Unis a été spécialement houleux, plusieurs membres dénonçant la vague de taxes imposées par Washington et d’autres mesures adoptées par l’administration du président Donald Trump.
Prenant le premier la parole après le discours du représentant américain, l’ambassadeur de Chine à l’OMC Zhang Xiangchen a dit que les États-Unis n’honoraient pas leurs obligations de plus grande économie du monde. « Un chef doit agir en tant que tel. Il ne doit pas simplement regarder le champ réduit de ses intérêts personnels, et il ne doit certainement pas faire tout ce qu’il veut en sacrifiant les autres », a dit M. Zhang, d’après les citations fournies par un responsable commercial basé à Genève qui assistait à la réunion à huis clos.
L’OMC, qui réunit 164 membres, est l’un des nombreux théâtres de la bataille commerciale que se livrent les deux géants économiques. L’administration Trump reproche à l’OMC de ne pas répondre aux menaces que pose, selon elle, la Chine, et de laisser Pékin défier en toute impunité les règles commerciales mondiales basées sur le marché. L’ambassadeur américain à l’OMC, Dennis Shea, a répété que Washington allait continuer à réclamer des réformes, mais a souligné que sans action pour s’opposer à la Chine, l’importance de l’OMC ira en diminuant. « Nous devons reconnaître que l’OMC (que les États-Unis) ont contribué à créer, et l’OMC que nous recherchons, n’est pas, sur les points essentiels, l’OMC que nous avons aujourd’hui », a dit M. Shea. L’OMC doit admettre que la conduite de la Chine est « contraire aux principes fondamentaux de cette organisation », a-t-il ajouté.
L’Union européenne a apporté son soutien à certains efforts des États-Unis pour contrer la Chine au sein de l’OMC. Mais l’ambassadeur de l’UE, Marc Vanheukelen, a relevé hier que « le système commercial multilatéral traverse une crise profonde et (que) les États-Unis en sont l’épicentre pour un certain nombre de raisons ». Le Canada et le Japon se sont joints eux aussi à la mêlée, en dénonçant les taxes imposées par le président Trump sur l’acier et l’aluminium.
Source : AFP

