Militants des droits de l'Homme et journalistes ont manifesté mercredi à Rangoun pour marquer le premier anniversaire de l'arrestation de deux journalistes de Reuters enquêtant sur la crise des Rohingyas, élus "personnalités de l'année" par le magazine Time.
"Le journalisme n'est pas un crime", proclamaient les T-shirts des dizaines de manifestants rassemblés dans le centre de la capitale économique birmane, sous une nuée de ballons noirs réclamant la libération des deux reporters.
Nombre de manifestants portaient des pancartes reproduisant la Une du magazine Time, qui rend hommage aux deux Birmans entre autres journalistes visés à travers le monde cette année, avec une émouvante photo de leurs femmes en couverture.
Des messages de solidarité ont afflué des salles de rédaction du monde entier pour rendre hommage aux deux journalistes birmans, condamnés à sept ans de prison après une enquête sur un massacre de musulmans rohingyas par l'armée birmane.
"Le fait qu'ils soient maintenus en prison pour un crime qu'ils n'ont pas commis suscite des questions quant à l'engagement de la Birmanie en faveur de la démocratie", a critiqué Stephen J. Adler, le rédacteur en chef de l'agence Reuters, dans un communiqué publié mercredi.
Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, ont été condamnés début septembre en première instance en vertu d'une loi sur les secrets d'Etat. Ils travaillaient sur la mort en 2017 de dix Rohingyas lors de la répression militaire birmane contre cette communauté musulmane, qui a été qualifiée de génocide par l'ONU. Ils sont emprisonnés depuis leur arrestation en décembre 2017. Leur condamnation a connu un fort retentissement à travers le monde et a été largement considérée comme le résultat d'un procès fantoche destiné à entraver le travail des journalistes sur les actions de l'armée à l'encontre des Rohingyas. Un tribunal de Rangoun doit examiner leur appel à partir du 24 décembre.
Malgré les critiques internationales, la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a justifié la détention de deux journalistes. Elle s'était refusée à intervenir pendant le premier procès, même si son gouvernement disposait de la possibilité d'abandonner les chefs d'accusation à leur encontre. Le président birman, Win Myint, un proche de Aung San Suu Kyi, peut cependant désormais accorder sa grâce aux journalistes.
Depuis août 2017, plus de 700.000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh, face aux violences commises par les forces armées birmanes et des milices bouddhistes.
"Le journalisme n'est pas un crime", proclamaient les T-shirts des dizaines de manifestants rassemblés dans le centre de la capitale économique birmane, sous une nuée de ballons noirs réclamant la libération des deux reporters.Nombre de manifestants portaient des pancartes reproduisant la Une du magazine Time, qui rend hommage aux deux Birmans entre autres journalistes visés à travers le monde cette année, avec une émouvante photo de leurs femmes en couverture.Des messages de solidarité ont afflué des salles de rédaction du monde entier pour rendre hommage aux deux...


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