La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a appelé mardi Moscou à assurer un "traitement approprié" aux marins ukrainiens dont les navires ont été arraisonés par les forces russes en mer Noire fin novembre.
Saisie par Kiev dans le cadre d'une procédure d'urgence, la Cour a demandé au gouvernement russe de "veiller à ce que les personnes en captivité reçoivent un traitement médical approprié (...), y compris celles qui auraient pu être blessées dans l'incident naval" du 25 novembre.
La CEDH a par ailleurs réitéré une demande de "renseignements factuels" adressée à Moscou fin novembre et à laquelle le gouvernement russe aurait dû répondre lundi au plus tard.
La Russie doit répondre aux questions suivantes : "Les marins et les officiers des navires ukrainiens Berdyansk, Nikopol et Yani Kapu sont-ils privés de leur liberté ? Si c'est le cas, sur quelle base et où sont-ils détenus ? Peut-il être confirmé qu'il y a des blessés parmi les marins et les officiers des trois navires ukrainiens ? Si c'est le cas, qui sont-ils, quelles sont leurs blessures et comment ont-ils été soignés ?".
L'Ukraine entend aussi obtenir que ses 24 marins, capturés par la Russie et dont trois sont blessés, soient traités comme des prisonniers de guerre, "selon les termes de la Convention de Genève de 1949, et qu'ils soient rapatriés sans délai".
Le 25 novembre, la Russie a intercepté par la force trois navires de la Marine ukrainienne en mer Noire, non loin de la péninsule ukrainienne de Crimée annexée par la Russie en 2014, les accusant d'avoir "violé la frontière russe".
Il s'agit de la première confrontation ouverte entre Moscou et Kiev depuis l'annexion de la Crimée et l'éclatement d'un conflit armé dans l'est de l'Ukraine entre forces ukrainiennes et séparatistes prorusses qui a fait depuis plus de 10.000 morts.
La CEDH peut ordonner des mesures provisoires à tout État partie à la Convention européenne des droits de l'Homme lorsqu'il "existe un risque imminent de préjudice irréparable", rappelle-t-elle.


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