Le « TIPS », le service de paiement en ligne de la BCE, permettra un transfert d’argent rapide et à un coût quasi nul. Daniel Roland/AFP
La Banque centrale européenne (BCE) a donné hier le coup d’envoi de son « TIPS », un service de paiement instantané utilisable par les consommateurs et entreprises en zone euro et qui se veut une réponse aux géants numériques. L’Europe bancaire, qui a perdu la bataille dans le domaine des cartes bancaires dominé par les américains Visa et MasterCard, veut être prête face aux mastodontes américains Google, Amazon ou Apple ainsi qu’au chinois Alibaba qui s’installent sur le marché des services de paiement.
Concrètement, le service offert par la BCE, l’acronyme « TIPS » signifiant « Target Instant Payment Settlement », permettra à chacun de transférer tout au long de l’année et en quelques secondes de l’argent via un smartphone, une tablette ou un ordinateur. La particularité est que les euros qui circuleront proviendront de comptes ouverts par les banques auprès d’une banque centrale, permettant une grande rapidité d’exécution des transactions et une quasi-gratuité, en sautant l’étape intermédiaire des portefeuilles électroniques de type Apple ou Google. Si d’autres applications de paiement express en ligne existent déjà en zone euro, elles sont généralement « nationales et réservées aux membres d’une même communauté », explique à l’AFP Marc Bayle de Jessé, directeur général à la BCE, chargé des infrastructures de marché et des paiements. Chaque acteur de la finance pourra en outre rejoindre à terme le dispositif du moment qu’il détient une licence bancaire lui permettant d’ouvrir un compte à la banque centrale. Ce type de paiement express va créer un manque à gagner pour les banques, qui n’auront plus à disposition des liquidités à placer sur le marché en jouant sur les dates d’échéances comme lors d’un virement bancaire classique. La BCE anticipe néanmoins que ces établissements vont adhérer en nombre au TIPS, dès lors que l’activité décollera. L’institution francfortoise veut, elle, rentrer dans ses coûts et va facturer les banques au tarif de 0,20 centime d’euro par transaction.
Source : AFP


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