Deir el-Qamar vue par le photographe Roland Sidawy. Photo DR
Né en Égypte en 1909 de parents libanais, Roland Sidawy revient à « la Suisse du Levant » en 1953 pour s’installer à Deir el-Qamar. Peu connu, il a pourtant contribué à immortaliser le Liban rural des années 1950 à 1960, et plus particulièrement le Chouf. Apothicaire et photographe à ses heures perdues, Sidawy aime sillonner la nature pour saisir, cliché après cliché, des paysages, des détails, des humains. Parfois, c’est aussi le charme discret d’une ville qui s’imprime sur sa pellicule, ou les silhouettes de grandes figures de la chanson. Aujourd’hui, l’Institut français de Deir el-Qamar rend hommage à ce photographe de l’ombre à l’occasion d’une rétrospective inaugurée le 21 septembre, dans le cadre de l’Art Fair de Beyrouth. Amoureux de la photographie, de paysages bucoliques ou simples curieux pourront s’y rendre jusqu’au 22 décembre.
(Pour mémoire : Deir el-Qamar : quand histoire, patrimoine et nature sauvage font le charme d’un village)
Le retour de l’enfant du pays
L’exposition a été conçue par le directeur de l’Institut français de Deir el-Qamar, Sid Rouis, Cheriff Tabet, galeriste et neveu de Sidawy, et Marine Bougaran, la directrice artistique de Beirut Art Fair. Ils entreprennent ainsi le travail de restauration des centaines de négatifs conservés par le neveu et esquissent ce qui deviendra une rétrospective. Cheriff Tabet a d’abord été surpris par l’intérêt suscité par le travail de son oncle, mais s’est associé au projet. Six mois plus tard, on assistait au vernissage de l’exposition. « Notre politique, c’est de faire découvrir des artistes libanais aux Libanais. Ici, plus particulièrement, nous voulions proposer aux gens du village quelque chose qui touche leur histoire et leur village », explique Sid Rouis en détaillant le sens de sa démarche. Démarche pédagogique, qui plus est, car la rétrospective se veut novatrice quant aux évènements culturels trop souvent concentrés dans la capitale, et davantage axée sur la jeunesse. « L’idée était de donner un accès à l’art à ces jeunes qui ne connaissent pas la Beirut Art Fair, qui ne vont jamais à Beyrouth et qui n’ont pas forcément accès à une offre culturelle », poursuit-il.
Le visiteur sera surpris par le regard spontané et discret du photographe : portraits sur le vif, scènes de la vie paysanne du Chouf. Y apparaissent souvent une femme, un homme ou un enfant, toujours en mouvement. Sidawy prend plaisir à nous faire chercher des détails et donne ainsi vie à des rues qui sommeillent. L’architecture des lieux ainsi capturés est faite de lignes géométriques et de points de fuite. Les photographies oscillent entre composition simple ou parfois plus travaillée. Le travail du photographe frappe par son absence de préméditation et la légèreté de son regard. À l’image des visions monochromes d’un Liban calme et rural, c’est la simplicité de cette rétrospective qui touchera le spectateur.
*Institut français de Deir el-Qamar – jusqu’au 22 décembre 2018
*À lire : « Le Liban sans retouches », Roland Sidawy, éditions al-Ayn, mars 2016.
Pour mémoire


L'ARTISTE MOUNIR NAJM NÉ À DEIR EL-QAMAR EST DÉCÉDÉ ET ENTERRÉ EN FRANCE AU LE VÉSINET DANS LES EVELYNE.
09 h 50, le 02 décembre 2018