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Nos lecteurs ont la parole - Par Akram Azouri

Carlos Ghosn, suspicion légitime dans la procédure

L’arrestation de M. Carlos Ghosn au Japon et les événements procéduraux qui se sont déroulés tant en France qu’au Japon, dans leurs séquences médiatisées, permettent de percevoir une suspicion légitime de la procédure qui dénote l’exécution d’une décision politique.

L’arrestation médiatisée

1 - L’atterrissage de l’avion de Carlos Ghosn à Tokyo le lundi 19 novembre a été filmé, l’accès des officiers de police à l’avion et l’interrogatoire de Ghosn dans l’avion, hublots fermés, également.

2 - Deux heures après le placement en garde à vue de Carlos Ghosn, le n° 2 de Nissan, M. Saikawa, a eu des mots très durs envers son patron, minimisant ses relations à la tête du groupe en évoquant le côté obscur de Ghosn et dénonçant la concentration des pouvoirs entre ses mains.

La suspicion légitime

La séquence des événements permet d’avoir une suspicion légitime sur l’impartialité du procureur japonais.

L’avion de M. Ghosn atterrit plusieurs fois à l’aéroport de Tokyo et depuis de nombreuses années. Pourquoi seul ce dernier atterrissage a été filmé ? Et qui a prévenu les journalistes de filmer l’interrogatoire dramatisé par l’entrée et la sortie des policiers ?

Cela donne l’impression que la décision de le placer en garde à vue était prise quelle que soit la teneur de ses réponses aux premières questions des policiers.

La suspicion légitime est confirmée par la détention de Ghosn

La conférence de presse tenue par M. Saikawa pour charger M. Ghosn pratiquement en même temps que sa détention indique que M. Saikawa était au courant de la décision d’arrêter M. Ghosn bien avant son atterrissage à Tokyo et son premier interrogatoire.

Cette mise en scène de l’arrestation avait pour buts de justifier et de préparer l’opinion publique à la décision déjà prise et exécutée formellement d’évincer M. Ghosn de la présidence du conseil d’administration de Nissan, en son absence et sans lui permettre de répondre aux faits qui lui sont reprochés.

Une décision similaire et dans la même condition a été prise par Mitsubishi et toujours sans entendre M. Ghosn sur ce qu’il lui a été reproché.

Position incohérente de l’État français

Alors que dans le cadre du conseil d’administration de Renault en France, l’État français a maintenu M. Ghosn dans ses fonctions en attendant d’avoir accès aux faits qui lui sont reprochés par le procureur japonais, les représentants de Renault au conseil d’administration de Nissan ont approuvé jeudi la décision de l’évincer de Nissan. Cette incohérence ne peut s’expliquer que par une volonté politique de ménager la volonté politique japonaise.

Ces observations concernent uniquement la suspicion légitime dans l’impartialité de la procédure dont M. Ghosn fait l’objet depuis le lundi 19 novembre et ne concernent nullement les faits qui lui sont reprochés qui peuvent ou pas être avérés.

Akram AZOURI

Avocat à la Cour

L’arrestation de M. Carlos Ghosn au Japon et les événements procéduraux qui se sont déroulés tant en France qu’au Japon, dans leurs séquences médiatisées, permettent de percevoir une suspicion légitime de la procédure qui dénote l’exécution d’une décision politique. L’arrestation médiatisée1 - L’atterrissage de l’avion de Carlos Ghosn à Tokyo le lundi 19 novembre a été filmé, l’accès des officiers de police à l’avion et l’interrogatoire de Ghosn dans l’avion, hublots fermés, également.2 - Deux heures après le placement en garde à vue de Carlos Ghosn, le n° 2 de Nissan, M. Saikawa, a eu des mots très durs envers son patron, minimisant ses relations à la tête du groupe en évoquant le côté obscur de Ghosn et dénonçant la concentration des pouvoirs entre ses mains.La suspicion...
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