Pour le 82e anniversaire de la fondation des Kataëb, le président du parti, le député Samy Gemayel, a mis en avant dans ses entretiens médiatiques samedi, le caractère pérenne des Kataëb et leur « lien organique avec le Liban ». « Le destin du Liban et celui des Kataëb vont de pair, depuis l’indépendance (de 1943) jusqu’à l’assassinat de Pierre (Gemayel, le 21 novembre 2006), à une date qui coïncidait d’ailleurs avec la fête de l’Indépendance », a-t-il affirmé.
Ainsi, quoiqu’en marge du mandat actuel, sans perspective de participation au prochain cabinet, ce parti « perdure grâce à la cause qu’il incarne (…) celle de bâtir un État de droit souverain ».C’est en invoquant la « tradition résistante » de son parti (contre le mandat français, puis les présences palestinienne et syrienne) que Samy Gemayel a condamné « les reports systématiques des échéances constitutionnelles », la dernière étant la formation du cabinet. Il a ainsi appelé le président de la République, Michel Aoun, et le Premier ministre désigné, Saad Hariri, à « mettre un point final à la crise gouvernementale » en mettant un terme « à l’état de perpétuel report du projet de l’État ». « Nous avons conscience que le général Aoun est mécontent de la situation » concernant le cabinet, d’où ses récents propos sur sa gravité, a indiqué le député du Metn. Or, a-t-il fait remarquer, en s’inspirant de la fête de l’Indépendance, « Michel Aoun et Saad Hariri ont une opportunité historique d’être les nouveaux Béchara el-Khoury et Riad el-Solh », c’est-à-dire de conclure un nouveau pacte national qui ferait d’eux « les hommes de la IIIe République (…), la République sous laquelle nous vivons étant corrompue et sans souveraineté ».
Interrogé sur les moyens de persuader le Hezbollah de faciliter la formation du cabinet, Samy Gemayel est revenu sur l’expérience des Kataëb, « un parti plus vieux que le Hezbollah » et qui était considéré à une période donnée comme le parti fort du pays, comme le Hezbollah aujourd’hui. « Ayant vécu ce que vit le Hezb aujourd’hui, nous pouvons lui dire (…) que sa suprématie ne va pas durer (…), nul ne pouvant au final contrôler le pays. » D’où l’appel de Samy Gemayel au parti chiite d’oser prendre la décision de tendre la main aux autres composantes du pays pour bâtir un État libre, souverain et stable.
« Ce que nous vivons aujourd’hui est un compromis de la capitulation, plutôt qu’un compromis constructif, puisqu’une partie politique cherche à intimider les autres », a dit Samy Gemayel, appelant à « prendre exemple sur l’expérience de 1943 ».


... et arrêtez de croire qu un état de guerre perpétuelle est la solution
22 h 46, le 26 novembre 2018