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Moyen Orient et Monde - Émirats Arabes Unis

MBZ visé par une plainte en France

Le prince héritier d’Abou Dhabi a rencontré hier Macron.


Le prince héritier d’Abou Dhabi Mohammad ben Zayed al-Nahyane descendant de l’avion. Muhammad Hamed/Reuters

Une organisation humanitaire a déposé hier à Paris une plainte avec constitution de parties civiles pour complicité de torture, traitements inhumains et crimes de guerre à l’encontre du prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammad ben Zayed al-Nahyane, en visite en France, a annoncé l’avocat français de cette ONG.

Selon Me Joseph Breham, avocat de l’Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés (AIDL), des Yéménites sont associés à cette plainte et également des parties civiles.

Proche du prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, Mohammad ben Zayed al-Nahyane, 57 ans, est le régent de fait des Émirats arabes unis. Il est aussi le commandant suprême des forces armées émiraties, engagées aux côtés de Riyad dans la guerre contre les rebelles houthis du Yémen soutenus par l’Iran.

« C’est en cette qualité qu’il ordonne les bombardements », souligne la plainte consultée par Reuters. Selon un groupe d’experts de l’ONU cité par la plainte, des attaques de la coalition au Yémen pourraient avoir été menées « en violation des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution » et constituer des « crimes de guerre ». Est notamment visé le bombardement le 8 octobre 2016 d’un immeuble de Sanaa où se tenaient les funérailles du père d’un ministre houthi. Bilan, au moins 137 civils tués et 695 blessés.

Le même groupe d’experts fait état de tortures et autres traitements dégradants dans des centres contrôlés par les Émirats arabes unis au Yémen, comme ceux de Riyan et Bureika.

Ni l’entourage du prince héritier d’Abou Dhabi ni le service de presse du gouvernement émirati, sollicités par Reuters, n’ont réagi pour le moment à ces informations.

Mettre fin à l’impunité

Saoudiens et Émiratis ont pris la tête en mars 2015 d’une coalition contre les rebelles houthis, qui tiennent la capitale yéménite, Sanaa, depuis quatre ans. Le conflit a fait plus de 10 000 morts et plongé le Yémen au bord de la famine.

Arabie saoudite et Émirats arabes unis sont d’importants clients de l’industrie d’armement de la France.

S’il est aujourd’hui peu probable que Mohammad ben Zayed al-Nahyane comparaisse devant un juge français, cette plainte a trois objectifs, a expliqué à Reuters Me Joseph Breham. Elle vise à « faire prendre conscience aux autorités françaises qu’on ne peut pas s’allier avec n’importe qui et que, sous prétexte de business, on ne peut pas tout accepter ». À plus long terme, elle vise à dire à « tous les dictateurs et massacreurs de la planète » : « Attention, quand vous venez en France, les juridictions françaises peuvent juger ce que vous avez fait et ce n’est pas parce que vous massacrez à 10 000 km d’ici que vous aurez l’impunité », a ajouté Me Breham. Enfin, plaignants et avocat espèrent que l’enquête susceptible d’être ouverte à la suite de leur plainte permettra d’établir d’autres responsabilités que celle du prince héritier. « Donc ce n’est pas seulement une plainte symbolique, c’est aussi une plainte qui devrait permettre d’en savoir plus », fait valoir Me Joseph Breham.

Une visite discrète

Il en va de même pour la plainte avec constitution de parties civiles qu’il a déposée pour le compte de l’organisation humanitaire yéménite Legal Center for Rights and Development (LCRD) contre Mohammad ben Salmane, pour complicité de torture et de traitements inhumains, ajoute l’avocat. Là aussi, elle avait été déposée à l’occasion d’une visite en France du prince héritier saoudien.

Mohammad ben Zayed s’est entretenu de la situation au Moyen-Orient avec le président français Emmanuel Macron hier à Paris. Les deux dirigeants ont déjeuné en tête à tête à La Monnaie de Paris, a déclaré l’Élysée, soulignant la « bonne relation » bilatérale entre « deux partenaires importants ». Il s’agissait de leur troisième rencontre depuis que M. Macron a pris ses fonctions de chef de l’État après la visite du prince héritier à Paris le 21 juin 2017 et le déplacement du président français dans les Émirats pour l’inauguration du Louvre Abou Dhabi en novembre 2017.

Le prince ben Zayed, qui devait dîner dans la soirée avec le Premier ministre Édouard Philippe, est resté discret pendant sa visite. Aucune prise de parole publique n’était prévue au cours de ses entretiens.

Les deux dirigeants ont discuté de la stabilité au Moyen-Orient, de la lutte contre le terrorisme, de la guerre au Yémen, de l’Iran et de la situation en Libye, a précisé l’Élysée.

Sources : agences

Une organisation humanitaire a déposé hier à Paris une plainte avec constitution de parties civiles pour complicité de torture, traitements inhumains et crimes de guerre à l’encontre du prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammad ben Zayed al-Nahyane, en visite en France, a annoncé l’avocat français de cette ONG.Selon Me Joseph Breham, avocat de l’Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés (AIDL), des Yéménites sont associés à cette plainte et également des parties civiles.Proche du prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, Mohammad ben Zayed al-Nahyane, 57 ans, est le régent de fait des Émirats arabes unis. Il est aussi le commandant suprême des forces armées émiraties, engagées aux côtés de Riyad dans la guerre contre les rebelles houthis du Yémen soutenus par...
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