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Liban

Aoun : Le Liban n’a plus le luxe de prendre son temps

Message de l’indépendance
OLJ
22/11/2018

Dans le message traditionnel à la nation à l’occasion du 75e anniversaire de l’indépendance, le président Michel Aoun a mis en garde hier soir contre « l’ingérence étrangère (qui) nous prive de la liberté de décision ». Dans son discours diffusé à 20 heures sur toutes les chaînes de télévision locales, le chef de l’État a notamment appelé à « asseoir l’entente au sein du gouvernement (…) pour sauver notre pays sur les plans économique, social, environnemental et moral », tout en soulignant que « le Liban n’a plus le luxe de prendre son temps ».

Affirmant qu’une « nation indépendante signifie une liberté de décision », le président Aoun a appelé les Libanais, dans un discours télévisé retransmis à 20h sur toutes les chaînes locales, à « préserver en priorité l’unité nationale et la volonté de vivre ensemble ». « Tout manquement à la cohésion nationale ouvrirait la voie aux dangers, a-t-il mis en garde. L’ingérence étrangère nous prive de la liberté de prise de décision mettant notre souveraineté en péril et faisant perdre tout son sens à l’indépendance. »

« L’indépendance et la souveraineté du pays doivent rester à l’écart du tandem partisans-opposants et à l’abri de toute lutte pour le pouvoir », a-t-il encore dit, affirmant que son appel « s’adresse aujourd’hui à tous les responsables, à tous les partis et courants politiques ainsi qu’aux différentes communautés confessionnelles ». « Les querelles doivent porter sur la politique et non pas sur la nation. Elles restent acceptables tant qu’elles ne portent pas atteinte à la nation », a poursuivi le président. Il a ainsi appelé les responsables à « rejeter tous les différends, à mettre de côté tous les intérêts personnels pour faire preuve de responsabilité à l’égard de ceux qui nous ont confié leur destin ». « Les Libanais n’en peuvent plus des promesses non tenues et des guerres d’intérêts, a-t-il lancé. Il est de notre devoir de les rassurer sur leur avenir, d’asseoir l’entente au sein du Parlement et du gouvernement, d’œuvrer et de planifier, de jour comme de nuit, pour sauver notre pays sur les plans économique, social, environnemental et moral. »

« Oui, moral, parce que les mots empoisonnés lancés comme des flèches par le biais des médias et des réseaux sociaux reflètent clairement une décadence morale et le déclin des valeurs qui sont des caractéristiques intrinsèques aux Libanais », a souligné le chef de l’État.

Toujours au sujet de la crise du gouvernement, M. Aoun a affirmé que « le Liban en a vu d’autres » mais que « nous sommes en train de perdre un temps précieux et irrécupérable nous empêchant d’atteindre notre potentiel de production et de redresser notre économie ». « Si vous voulez construire un État, rappelez-vous que le Liban n’a plus le luxe de prendre son temps », a-t-il ajouté.

« Un plan économique national »

M. Aoun a ensuite indiqué qu’après avoir « apporté et maintenu la sécurité au Liban » son objectif est désormais de « redresser la situation économique ». « À cet égard, un plan économique national a été finalisé et attend son adoption par le Conseil des ministres et le Parlement », a-t-il dit. « L’économie libanaise souffre de problèmes structurels et financiers qui se sont exacerbés au cours des 28 dernières années et qui ont abouti aux résultats que nous subissons aujourd’hui, a indiqué le chef de l’État. La croissance réelle reste faible et incapable de créer des emplois adéquats pour les jeunes, qu’ils soient travailleurs ou entrepreneurs. Notre consommation privée et publique dépasse la valeur totale du PIB. »

« En dépit des difficultés actuelles et du sentiment qu’éprouvent certains d’être dans l’impasse, trouvant l’avenir sombre et obscur, je leur affirme en toute confiance et responsabilité que nous ne laisserons pas le pays souffrir davantage, a promis M. Aoun. Nous stopperons la corruption et les corrompus, nous tiendrons nos promesses de réforme, de développement durable et de création d’emplois pour nos jeunes. »

« Je m’engage à poursuivre les dossiers de la corruption, qu’ils soient petits ou grands, avec tous les responsables concernés : la justice, les organismes de contrôle, les responsables de sécurité, les administrations… », a-t-il ajouté.

Le retour des réfugiés, un droit fondamental

Abordant le dossier des réfugiés, M. Aoun a indiqué que le Liban subit « un fardeau économique, social et sécuritaire important occasionné par la situation des déplacés syriens ». « Leur retour dans leur pays constitue leur droit le plus fondamental », a-t-il affirmé en accusant « certains de continuer à entraver ce retour en utilisant tous les moyens d’intimidation pour pousser les déplacés à rester là où ils se trouvent, liant leur retour à une solution politique et exigeant qu’il soit volontaire ». « Il s’agit là d’un grave préjudice porté au Liban, a-t-il dénoncé. La situation actuelle dépasse nos capacités à tous les niveaux. » « Nous savons mieux que personne que l’indépendance peut devenir une commémoration et une célébration folklorique de façade, vide de sens. Faisons en sorte que notre priorité soit la sauvegarde et le maintien d’une véritable indépendance qui représentent le pilier de la stabilité, de la liberté, de la sécurité, de la paix et de la prospérité de notre pays. Vive le Liban », a conclu le président.

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PUISQUE VOUS LE SAVEZ, AGISSEZ ! OU EST LE PRESIDENT FORT DONT ON NOUS A REBATTU LES OREILLES ?

gaby sioufi

CE QUI EST DROLE CHEZ NOS POLITIQUES, C DE REPETER A TT BOUT DE CHAMP QUE LE PAYS N'A PLUS DE TEMPS A PERDRE ,
QUE LE PAYS N'A PAS LE LUXE DE TERGIVERSER,
QUE LE PAYS EST AU BORD DU GOUFFRE ET DONC FAUT ALLER PLUS VITE

George Khoury

apres avoir arrete le pays entier pendant 2 annnes pour arriver au pouvoir, voici venu le temps de sa demagogie....quel ridicule...hier j'ai prefere regarder n'oubliez pas les paroles

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