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Liban

Le texte intégral du document d’entente entre FL et Marada

OLJ
15/11/2018

Voici le texte intégral du document d’entente de Bkerké entre les Forces libanaises et les Marada, dont a donné lecture hier Mgr Joseph Naffah à l’issue de la réconciliation entre les deux formations :

« Sur base de la rencontre de Bkerké de 2011 entre les quatre pôles maronites relative à la réconciliation interchrétienne, qui espérait le bien de l’intérêt chrétien et national libanais; après la réconciliation nationale réalisée à travers le document d’entente nationale à Taëf, la réconciliation de la Montagne et la réconciliation entre les FL et le Courant patriotique libre à travers l’accord de Meerab ; le document de Bkerké entre les FL et les Marada parachève naturellement ce processus de réconciliation générale qui consolide l’unité du Liban et les intérêts de son peuple.

« Par loyauté envers les sacrifices de tous nos martyrs, le chef des Marada, le ministre Sleiman Frangié, et le chef des FL, Samir Geagea, se sont rencontrés aujourd’hui au siège du patriarcat maronite à Bkerké, autorité de référence nationale, sous l’égide du patriarche Mgr Béchara Raï, afin de consolider l’option de la réconciliation stable et unificatrice.

« La réconciliation représente une valeur chrétienne, humaniste et libanaise en soi, indépendamment des options politiques des parties prenantes qui appellent à la paix, au respect mutuel et au bien du Liban en tant qu’État, peuple et territoire, sans aucun calcul politique qui pourrait changer en vertu des circonstances et des mutations.

« Le Nord a représenté la forteresse pour le noyau de la présence historique chrétienne depuis saint Jean Maron et les premiers patriarches, en passant par les chefs de district, Youssef Bey Karam, les combattants et les martyrs des étapes ultérieures jusqu’à aujourd’hui, qui ont lutté pour la dignité, la présence et le destin.

« Les chrétiens en général et ceux du Nord en particulier ont traversé, durant la guerre libanaise, une étape douloureuse de combats fratricides et de dispersion, qui leur a causé peines, douleurs, frustrations et divisions, ce qui s’est répercuté négativement sur leur situation politique, démographique et sociale dans l’ensemble du Liban. Les chrétiens ne dépasseront cette réalité négative pour s’élancer vers un avenir prometteur pour eux et le Liban que s’ils parviennent à tourner la page du passé douloureux et à respecter les règles démocratiques dans leurs rapports politiques.

« La relation entre les deux parties a traversé durant ces dernières années des étapes politiques et électorales nombreuses dans un climat de stabilité sans faille, en dépit de la persistance des différends politiques entre elles, ce qui signifie que la rencontre et le dialogue ne sont pas impossibles, indépendamment de la politique et de ses ramifications.

« En vertu de ce qui précède, les Marada et les Forces libanaises annoncent leur volonté commune de tourner la page du passé douloureux et de s’orienter vers de nouveaux horizons dans leurs relations sur le plan humain, social, politique et national, en soulignant la nécessité de résoudre les conflits à travers le dialogue rationnel, dont l’objectif est de réaliser l’intérêt national supérieur du Liban et le rôle de ses chrétiens, ainsi que d’œuvrer ensemble pour consolider ces grands titres à travers les clauses de ce document.

« Cet événement est l’occasion d’honorer la mémoire de ceux qui sont morts en martyr, qui se sont sacrifiés et qui ont souffert des conflits sanglants entre les deux parties. Notre seule consolation est que leurs sacrifices aient rendu possible cette rencontre historique et chargée d’émotion, loin de tout gain politique circonstanciel, pour qu’elle soit à la hauteur de leurs souffrances et celles de leurs proches.

« Ce que les deux parties attendent de ce document découle de leur conscience de la responsabilité historique qui leur incombe et de l’inquiétude quant à l’avenir qui les anime. Cette initiative se veut comme à mille lieues des bazars politiques et ne vise à opérer aucun changement au niveau des alliances politiques en cours au Liban et dans le Nord. Elle ne vient pas de nulle part et n’est pas fille de l’instant, mais vient couronner une série de rencontres et de dialogues durant lesquels les deux parties ont réussi à instaurer une confiance réciproque entre elles à travers le respect des règles de l’action politique et démocratique, et à mettre fin à toute forme de querelle ou de choc, s’engageant à normaliser leurs relations. Cela les a encouragées à poursuivre le dialogue et à le développer jusqu’à la mise en place de ce document.

« Partant de ce qui suit, les deux parties soulignent les principes de base suivants :

- La rencontre entre les chrétiens et l’éloignement de la logique d’élimination constituent un facteur de force pour le Liban, sa diversité et son vivre-ensemble.

- Le temps des antagonismes et de l’adversité entre les Forces libanaises et les Marada est révolu, voici venu celui de l’entente, du dialogue, celui de tourner la page douloureuse du passé et d’apprendre de ses leçons, de ses erreurs et de ses péchés pour ne pas les reproduire, avec l’espoir de lendemains d’espérance et d’entente.

- La rencontre se base sur le principe de l’attachement de chacune des parties à ses convictions et ses constantes politiques. Elle ne lie pas la liberté de ses choix et de ses orientations politiques et ne comporte pas d’obligations déterminées. Il s’agit d’une décision de transcender une étape douloureuse et de poser les fondations d’un dialogue constant en vue d’horizons ouverts. La divergence d’opinion politique au sein d’un pays souverain n’empêche pas la rencontre autour de questions nationales, humanitaires et sociales, avec le souci permanent de réduire autant que possible les divergences politiques.

- Les deux parties respectent le pluralisme politique et social, la liberté d’opinion et les libertés publiques et privées, la Constitution, les lois et les règles démocratiques concernant l’action politique et partisane au Liban.

- Les deux parties s’engagent à généraliser le climat positif entre elles, et chaque partie s’engage à éloigner les concepts susceptibles de blesser l’autre partie, ses symboles et ses martyrs.

- Les deux parties s’engagent à respecter l’action politique et partisane dans les villages, localités et régions où chacune d’elles se trouve présente en profondeur, et à coordonner au niveau des activités et des démarches qui pourraient entraîner tout malentendu entre elles dans l’intérêt de tous, afin d’empêcher toute friction à même de porter préjudice aux objectifs de la réconciliation.

« En conclusion, nous avons voulu que ce document constitue une consécration de rencontres franches et de dialogues rationnels visant à dépasser des étapes destructrices de conflits et de luttes. Nous souhaitons aussi qu’il anticipe de meilleurs lendemains. Il porte notre détermination commune, chacun à partir de son positionnement politique, à jeter les bases d’une étape de coordination sincère, étroite, constructive, découlant de notre responsabilité nationale commune à réaliser les aspirations des Libanais dans l’édification d’un État pour les droits des citoyens et la dignité de la patrie. »

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PAUL TRONC

Que cela soit le prélude à une réconciliation vraie et globale pour que le Liban sorte encore plus FORT.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CA FAIT PLAISIR DE VOIR LES FORCES CHRETIENNES S,UNIR !
CA FERAIT PLUS GRAND PLAISIR DE VOIR TOUS LES LIBANAIS UNIS !

Sarkis Serge Tateossian

Tout ceux qui cherchaient des réponses à leurs questionnements notemment le pourquoi des martyres du conflit passé entre les FL et les marada...

Ils trouveront les réponses dans ce texte.

Une réconciliation est toujours une cause de réjouissance.

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