Deux ministres pourraient perdre leur poste en Irak, leurs noms étant apparus sur les listes de responsables du régime de Saddam Hussein, ont indiqué jeudi à l'AFP une source parlementaire et la Commission de "débaassification".
Le porte-parole de cette instance, Farès Abdel Sattar, a affirmé à l'AFP que la Commission avait indiqué dans une lettre au Parlement que "sur les 22 noms envoyés par le gouvernement, deux sont concernés par les mesures" prises par les autorités pour empêcher le retour aux affaires des responsables de l'ancien régime.
M. Abdel Sattar a refusé de préciser s'il s'agissait de ministres parmi les 14 ayant déjà obtenus la confiance du Parlement ou des huit candidats dont la nomination doit encore être approuvée. Il s'agit des ministres de la Jeunesse et des Sports, Ahmed al-Obeïdi, et des Communications, Naïm al-Rubaye, qui avaient tous deux obtenu le 25 octobre la confiance du Parlement, a toutefois précisé à l'AFP une source au sein du Parlement.
Depuis la chute de Saddam Hussein dans la foulée de l'invasion emmenée par les Américains en 2003, la Commission de "débaassification", depuis renommée "Commission pour la responsabilité et la justice", a établi des listes de cadres du parti Baas de Saddam Hussein et de membres des forces de l'ordre de l'ancien régime, leur interdisant de se présenter à des élections ou d'obtenir des postes publics à responsabilité.
M. Rubaye, par exemple, était un cadre intermédiaire du Baas et il travaillait au sein du renseignement, notamment pour surveiller l'opposition islamiste, a indiqué une source au sein des services de sécurité.
Les deux hommes pourraient donc être limogés et remplacés lors d'un prochain vote de confiance, a expliqué la source parlementaire. C'est la première fois que des ministres nommés sont visés par une telle procédure.
Près de six mois après les législatives, le Parlement doit encore voter sur l'attribution de huit des 22 portefeuilles, dont ceux de l'Intérieur et de la Défense, cruciaux dans le pays qui sort de trois années de guerre contre les jihadistes. Le Parlement n'a jusqu'ici pas annoncé de calendrier pour un prochain vote de confiance.
Après sa nomination début octobre, le Premier ministre Adel Abdel Mahdi avait lancé un site permettant aux Irakiens de postuler pour devenir ministre. Il a annoncé avoir reçu plus de 15.000 candidatures, tandis que la plupart des ministres nommés sont issus de partis représentés au Parlement, très éclaté.


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