X

Liban

De la créativité à la pensée existentielle, Farid Chehab bouscule les codes

Vient de paraître

Le publicitaire publie demain « Un pont sur le XXIème siècle », aux éditions L’Orient-Le Jour. L’occasion d’un débat sur les défis de l’éducation, au Salon du livre, qui précédera la signature de son ouvrage.

06/11/2018

Depuis qu’il est devenu grand-père, il y a un an, Farid Chehab est obsédé par une peur panique. Celle de voir son petit-fils dépassé par l’évolution technologique lorsqu’il aura 20 ans. L’enfant du XXIe siècle aura-t-il la capacité de s’adapter à la rapidité des changements technologiques ? Son éducation scolaire le préparera-t-elle à relever les défis d’une existence formatée par le numérique ? Et à plus large échelle, les écoles du pays forment-elles réellement « les millenials » au monde de demain ? Autant de questions que se pose le publicitaire, fondateur et président d’honneur de la société Leo Burnett pour le Moyen-Orient, qui se dit profondément inquiet de la rapidité des changements technologiques, comparée à la capacité d’adaptation des humains. Et qui a couché son inquiétude dans un livre, Un pont sur le XXIème siècle , publié aux éditions L’Orient-Le Jour.

Faire évoluer les mentalités

Farid Chehab est un homme curieux, passionné de lecture et de questions existentielles, développées par Harari, Friedman, Hawking et tant d’autres. Après une vie professionnelle riche en créativité, c’est à la réflexion et l’écriture que ce retraité consacre désormais son temps. Il s’inspire des grands penseurs et des scientifiques. « Homo Deus a été mon déclic », avoue-t-il à L’Orient-Le Jour. Mû non seulement par un désir de susciter le débat et le dialogue, mais par une volonté ferme de « faire évoluer les mentalités libanaises dans un sens constructif », comme il a toujours contribué à faire évoluer les marques de consommation, avec des idées avant-gardistes. « C’est aujourd’hui mon rôle. C’est ainsi que j’utilise ma créativité », dit-il. Et il le fait directement. Sans peur des mots. Ni crainte de bousculer les codes. « Si je peux décarcasser la société libanaise, si je peux éveiller la conscience des dirigeants libanais, afin qu’ils prennent des mesures pour transformer les cursus scolaires et universitaires, je ne vais pas m’en priver », lance-t-il, mettant en garde contre « le danger qui guette », car il refuse que son petit-fils devienne « un dommage collatéral ».

Lorsqu’il se heurte à des interlocuteurs qui doutent, M. Chehab fait montre d’impatience. Car il « hait les énergies négatives ». Mais cette impatience décuple son énergie, à tel point qu’elle en devient passionnelle. « Je ressens l’urgence d’indiquer le chemin à mon petit-fils, car je suis certain que le numérique ne donnera pas aux gens le temps de s’adapter », insiste-t-il, tout en se défendant d’être catastrophiste.

Le jeu, moyen de formation

Farid Chehab propose donc de « jeter un pont pour traverser la tourmente et permettre d’atteindre la fin du XXIe siècle sain et sauf », « afin que l’humanité soit capable d’envisager l’âge futur avec sagesse, sans guerres mondiales, sans milliards de morts, sans terres dévastées ». Ce pont devrait permettre aux générations de « protéger leur qualité de vie, de surfer sur la vague du changement, d’initier une nouvelle éthique d’un protocole fondateur pour une existence reformatée par le numérique », estime-t-il. Mais pour ce faire, ce pont a besoin de quatre piliers, explique l’auteur, qui sont la résilience mentale, les idées, les valeurs et la tolérance.

Dans ce cadre, le publicitaire invite les adultes, éducateurs et responsables libanais « à pousser les enfants à sortir de leur mode hédoniste de facilité », à les encourager à acquérir une puissance de réflexion, à développer leur résilience mentale. « Pour être capable de briller en 2040, l’enfant doit être préparé dès 2020 », insiste-t-il. Et quoi de mieux que le jeu pour l’y préparer ? « Le jeu est un excellent moyen de formation et de développement du mental, poursuit M. Chehab. Mais il est banni trop tôt des cursus d’apprentissage. » Et pourtant, « le travail de mémorisation est devenu caduc » . Mémoriser représente une « perte de temps » pour l’élève, ce dernier étant voué à « se transformer en esprit créateur plutôt qu’en puits de mémoire ». « Malheureusement, l’éducation (au Liban notamment) n’a pas encore pris conscience de la nécessité de modifier ses méthodes d’apprentissage », regrette le publicitaire.

Le débat est lancé. Il prendra forme demain, mercredi 7 novembre, au Salon du livre francophone de Beyrouth, au BIEL à Tahouita, sur le thème « Éducation : les défis du XXIe siècle ». La table ronde, qui se déroulera à 16 heures, salle Agora, verra les interventions de l’ambassadrice de Finlande, Tarja Fernandez, du recteur de l’Université Saint-Joseph, le père Salim Daccache, s.j., du directeur général du ministère de l’Éducation, Fadi Yarak, et de la directrice de l’établissement scolaire Wellspring, Mirna Raslan. À l’issue du débat modéré par Farid Chehab, l’auteur signera son livre au stand de L’Orient-Le Jour.

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.