Nos Lecteurs ont la Parole

Un homme et une femme exceptionnels

Par Melhem Maroun KARAM
OLJ
06/11/2018

Dans les lignes qui suivent, nous ne faisons l’éloge de personne, ni même le moindre compliment. Nous disons des vérités et, comme nous le savons tous, les vérités sont toujours belles à dire parce qu’elles sont agréables, éternelles, et, en toute simplicité, vraies.

Depuis toujours, le Liban et la France sont connus pour leur relation de fraternité et d’amitié à tous les niveaux, économique, militaire et ce qui nous intéresse ici le plus au niveau culturel.

Nous avons eu la chance de rencontrer Mme Johanna Hawari Bourjeily, fondatrice et directrice du Centre professionnel de médiation de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. Ce centre offre aux participants une formation qui s’étale sur une année universitaire complète à l’issue de laquelle on devient médiateur et où on apprend aux gens (les protagonistes) comment éviter, autant que possible, la lenteur et le coût des tribunaux qui peuvent être parfois très lourds.

En effet, l’importance de la médiation réside dans le fait qu’il ne s’agit absolument pas de devenir uniquement médiateur, mais bien plus de vivre et de ressentir le noblesse des sentiments et du comportement d’un médiateur, autrement dit d’un bienfaiteur. La nature humaine est, et demeurera, éternellement contradictoire. L’homme porte en lui-même, à la fois, les germes du Bien et du Mal. Pour le médiateur, il s’agit de faire triompher le premier sur le second. C’est se mettre à la place et au cœur des autres, rire et pleurer comme eux, au même moment qu’eux.

Et là, nous nous adressons aux écoliers. Un conseil qui vous sera très bénéfique, un jour : ne faites pas de chahut pendant que le professeur vous explique cette nouvelle nature qu’il vous invite et vous apprend à assumer et à vivre. Vous vous rendrez compte qu’un jour, et sans aucun effort de votre part, en vous initiant à la médiation, votre raisonnement deviendra plus subtil. De la sorte, toute la théâtralité de la vie, de votre vie, changera, pour votre intérêt personnel, tout d’abord, mais aussi pour celui de tous ceux et de toutes celles qui vous entourent. La vie n’est-elle pas un théâtre où chacun et chacune d’entre nous donnent ce qu’ils ont à donner, prennent ce qu’ils ont à prendre et font ce qu’ils ont à faire, avant de partir ?

De son côté, le médecin-légiste Naji Souaiby a intégré à l’ESA une formation en droit médical s’étendant, elle aussi, sur une année universitaire complète à raison de 8 modules. Ces modules approfondissent la responsabilité du médecin et, corrélativement, les droits des patients.

Pour nous, la médiation médicale est, à elle seule, une formation qui mérite d’être étudiée sur plusieurs mois. Si, à ce stade, la médiation médicale aboutit, c’est-à-dire si le malade et son médecin arrivent, à la suite d’un certain malentendu qui peut être des plus graves, à s’entendre en évitant les tribunaux, la thermogène humaine fera en sorte que la strie séparant les hommes et les sociétés devienne plus courte, plus souple et plus facile à surmonter ou à éliminer.

De nos jours, la thanatologie a certes énormément évolué. Mais pourquoi ne pas essayer, avec un petit et énorme effort (oui, à la fois petit et énorme) de clémence et d’indulgence, de concilier entre médecins et patients, afin d’essayer de parvenir à la satisfaction des droits de chacun ?

En cela et pour cela, pour nous, la médiation médicale est la plus importante. Qu’y a-t-il de plus essentiel et de plus primordial pour un homme que de se maintenir en vie et même, encore plus, en bonne et meilleure santé ?

L’Université Saint-Joseph ainsi que l’École supérieure des affaires (l’ESA) sont à remercier et à apprécier. Ce sont deux nobles institutions, parmi bien d’autres, qui œuvrent toujours pour le maintien et l’évolution des relations culturelles historiques entre le Liban et la France, à travers ces formations de qualité qui nous sont offertes.

Sans omettre de remercier, du fond du cœur, les deux parrains de ces formations, le recteur de l’Université Saint-Joseph le père Salim Daccache et le professeur Stéphane Attali, directeur de l’ESA, sans l’accord et sans le soutien desquels aucune formation n’aurait eu lieu, ainsi que Mme Johanna Hawari Bourjeily et le Dr Naji Souaiby qui sont et seront toujours à nos yeux deux thaumaturges qui ont beaucoup fait, et font toujours encore d’ailleurs, pour le Liban et les Libanais.

Melhem Maroun KARAM

Avocat à la Cour

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