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Liban

Le Hezbollah persiste et signe : Pas de gouvernement sans un représentant des sunnites indépendants

OLJ
05/11/2018

La représentation des députés sunnites antihaririens proches du Hezbollah au sein d’un gouvernement d’union nationale a été au cœur des interventions de nombre de dirigeants du Hezbollah, au cours du week-end. Des interventions qui ont appelé au « dialogue » dans ce sens, mais surtout insisté sur le fait que la solution « est entre les mains du Premier ministre » désigné, Saad Hariri, et qu’il « ne sert à rien de s’entêter », car le prochain gouvernement ne saurait être formé « sans les sunnites indépendants ». D’autant que le parti chiite a « fait part de sa position aux parties concernées » dès le début du processus des concertations.

C’est le secrétaire général adjoint du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, qui a donné le ton, samedi. « Le Hezbollah assure, comme il l’a déjà dit, qu’il est en faveur d’une formation rapide du gouvernement, mais la solution est entre les mains du Premier ministre », a affirmé le numéro deux du parti chiite. Avant d’appeler une nouvelle fois Saad Hariri à intégrer dans son prochain gouvernement des figures sunnites qui lui sont opposées. Car « le nouveau cabinet ne sera complet », autrement dit formé, qu’en incluant un ministre sunnite représentant ces figures proches du parti chiite. Et le cheikh Kassem de rappeler que la question des sunnites indépendants « n’est pas nouvelle, mais qu’elle remonte au début du processus de formation du gouvernement ». Le Hezbollah avait alors « décidé de ne pas s’exprimer dans les médias sur les trois nœuds (NDLR : sunnites opposés à Saad Hariri, Forces libanaises et druzes opposés à Walid Joumblatt), afin de faciliter la tâche de M. Hariri ».

Alors que la naissance du futur cabinet semblait imminente en début de semaine, après plus de cinq mois de palabres (à l’issue des législatives de mai 2018), la situation s’est à nouveau compliquée lundi dernier avec la revendication du Hezbollah portant sur la nécessité d’inclure dans le gouvernement des sunnites pro-8 Mars, ce que M. Hariri refuse catégoriquement. Mercredi, le chef de l’État, Michel Aoun, qui célébrait les deux ans de son accession à la présidence de la République, a exprimé son soutien à Saad Hariri, en s’opposant à l’intégration de figures sunnites opposées au Premier ministre désigné.

Emboîtant le pas au numéro deux du Hezbollah, le cheikh Nabil Kaouk, membre du conseil central du parti de Dieu, a regretté que certaines parties ignorent sciemment les résultats des législatives. « Une classe parlementaire de poids a remporté un succès aux élections. Elle est en droit d’être représentée au gouvernement », a-t-il insisté, évoquant les députés sunnites proches du 8 Mars. « Le blocage ne se situe pas au niveau du parti chiite, mais au niveau du Premier ministre désigné », a-t-il ajouté, invitant à résoudre ce nœud par « l’entente et le dialogue ».

De son côté, le député Ali Mokdad a rappelé que « les trois nœuds chrétien, druze et sunnite ont été révélés dès le début des consultations » contraignantes du chef de l’État. « La solution est entre les mains du Premier ministre désigné », a-t-il poursuivi, tout en estimant que « le nœud sunnite est bien plus simple à résoudre que les deux autres », et qu’il est « nécessaire de le régler en se basant sur les résultats des législatives ».

« Nous conseillons à nos frères du courant du Futur de ne pas faire preuve d’entêtement concernant la représentation des sunnites indépendants, cette revendication étant basée sur le respect des résultats du scrutin législatif », a pour sa part souligné le député Nawaf Moussaoui, se disant « étonné que le nœud sunnite n’ait pas été pris en considération » avec davantage de sérieux durant les cinq mois de négociations.

Quant au député Ali Fayad, il a insisté sur la nécessité « d’aborder le dossier avec retenue, loin de la scène médiatique », tout en rappelant que le nouveau « gouvernement doit refléter les résultats des législatives ». Enfin, le cheikh Hachem Safieddine, chef du conseil exécutif du Hezbollah, a regretté que « certaines parties se bouchent les oreilles » et refusent d’écouter « les revendications légitimes des députés indépendants ». « Nous soutenons leurs revendications, car elles sont justes », a-t-il martelé.

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Lebinlon

Il brûle trop de cartes le Hezbollah. cette arrogance retrograde M Berry (et tout le mouvement Amal) en 2eme division. car je suppose que si le Hezb assure qu'il n'y aura pas de gouvernement sans les sunnites indépendants c'est parce que les Chiites, TOUS les chiites, refuseront d'y participer. Que M Berry soit d'accord ou pas.
Il vient aussi de se mettre Michel Aoun a dos (Bassil ne pèsera pas bien lourd si le président se met en colère) et cela risque d'exciter une immense partie de l'électorat Aouniste qui n'a jamais porté le Hezb dans son coeur.
c'est beaucoup de capital sympathie gaspillé ca.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET L,ETAU SE RESERRE !

Yves Prevost

"Pas de gouvernement sans un représentant des sunnites indépendants". Et les chiites indépendants, qu'en fait-il?

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