Les évêques catholiques de France, réunis à Lourdes (Sud-Ouest), ont affiché samedi leur détermination à réparer "la blessure" des victimes de pédophilie, au premier jour de leur assemblée plénière à Lourdes (sud-ouest).
Alors que l'Église est confrontée à de nouveaux scandales, Mgr Georges Pontier, le président de la Conférence des évêques de France (CEF) a reconnu que l'épiscopat avait tardé à prendre la mesure de ces blessures, à l'ouverture de l'assemblée des 118 prélats (du 3 au 8 novembre) qui accueille pour la première fois huit victimes d'abus sexuels dans l'Église.
"Même si nous savons que ce drame des enfants abusés dans notre société déborde amplement la responsabilité d'acteurs ecclésiaux, cela ne diminue en rien notre peine, notre honte, notre confusion", a déclaré Mgr Pontier, archevêque de Marseille, après avoir cité la lettre du Pape publiée cet été dénonçant "les abus sexuels et les abus de pouvoir et de conscience".
Selon le président de la CEF, "depuis maintenant plus de quinze ans", les évêques ne sont "pas sans rien faire pour accompagner toujours mieux les victimes, pour prévenir ces drames inqualifiables, pour agir avec grande fermeté vis-à-vis des auteurs ou pour organiser des temps de formation pour tous ceux et celles qui interviennent dans des responsabilités ayant en charge des enfants et des adolescents".
Mais, souligne-t-il encore, "nous n'avons que trop lentement perçu la profondeur de [la] blessure" des personnes abusées.
Faisant référence aux groupes de travail prévus dans l'après-midi avec les victimes conviées, il a dit la volonté de l'épiscopat de se "mettre en situation d'écoute et de réflexion".
Une des huit victimes attendues, Véronique Garnier, 57 ans, abusée par un prêtre ami de sa famille pendant deux années lors de son adolescence, a estimé que ce serait "l'occasion d'avoir une parole qui explique, qui apaise", disant à l'AFP espérer une telle rencontre "depuis très longtemps".
Pour sa part, Olivier Savignac, partie civile au procès mardi à Orléans (centre) d'un abbé pour atteintes sexuelles et d'un ancien évêque pour non-dénonciation, veut "envoyer un signe fort auprès des évêques".
Présent à Lourdes, il prévient qu'il sera vigilant à ce que ce ne soit "pas seulement de la com'", souhaitant que les évêques "prennent conscience de la gravité des faits" au moment où de nouveaux scandales d'abus sexuels ont récemment éclaté aux États-Unis et en Allemagne.
"Certains doutent de notre réelle détermination. Nous leur disons : +venez et travaillons ensemble+. Retrouvons la confiance minimale nécessaire pour y parvenir", a lancé samedi Mgr Pontier.


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