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Liban

Quand de jeunes créatifs s’emparent de l’indépendance du Liban

COMPÉTITION

Des étudiants en arts graphiques et publicité de plusieurs universités et écoles techniques participent à la compétition de design d’une affiche et d’un logo, lancée par le comité du festival de Rachaya, autour du thème Liban : le passé, le présent et le futur.

02/11/2018

Sous le patronage de la Première dame, Nadia Aoun, en collaboration avec l’atelier des arts plastiques de Rachaya et avec le soutien de la municipalité de Rachaya et de Bank Audi, le comité du festival de Rachaya organise une compétition pour commémorer les 75 ans de l’indépendance du Liban. Fondatrice du festival de Rachaya, Liliane Maalouli assure que plus de 15 universités sont déjà impliquées dans la compétition et estime qu’elle devrait recevoir près de 150 projets le 9 novembre, date limite de dépôt des dossiers. Ainsi, de la première année au master, nombreux sont les étudiants à plancher sur la conception de l’affiche et du logo, qu’ils travaillent d’une façon individuelle ou collective, encadrés par leurs enseignants.

À travers la compétition de design, Liliane Maalouli, également coordinatrice de cet événement, veut également encourager les jeunes à mieux connaître l’histoire de leur pays, mais aussi susciter chez eux des questionnements sur un autre niveau. « J’ai voulu toucher les jeunes dont beaucoup se demandent s’ils doivent rester ou quitter le pays. Je me suis donc dit que c’est à cette génération qu’il faut s’adresser », explique-t-elle.

Plusieurs participants ont, en effet, réagi en écho avec ses propos, soulignant l’importance d’une telle compétition ainsi que leur engouement pour cette journée, chargée de significations. « Pour moi, participer à ce concours permet de montrer à tout le monde ce que les jeunes pensent de l’indépendance du Liban et comment ils expriment leur patriotisme », explique Gabriella Khoury, étudiante en publicité et graphisme à l’ALBA. Rita Sawaya, étudiante en illustration dans la même école, affirme : « Cette compétition me permet, pour la première fois, de mettre ma passion du dessin et du visuel au service d’un projet d’envergure nationale. » À son instar, Élias el-Badawi, étudiant en design graphique à l’USEK, participe à cette compétition parce que « c’est une opportunité pour s’exprimer, à travers l’art, sur l’indépendance qui nous tient à cœur ».

Pour la compétition, Liliane Maalouli s’est rendue dans les universités et écoles techniques qui y participent et a rencontré les étudiants pour leur expliquer le projet et répondre à leurs questions. « Ce qui m’a choquée lors de ces visites, c’est le désespoir chez certains étudiants », avoue-t-elle avec amertume. « Le passé, c’est l’âge d’or, et le présent le désespoir. Qu’en est-il du futur ? Avec tout le désespoir que l’on voit dans le regard des jeunes, ces derniers seront-ils capables de nous fournir des idées et un esprit positif ? » se demande-t-elle, avant de continuer : « On souhaite entendre des jeunes qui vont défier le destin et nous offrir une autre perception du Liban ! » lance-t-elle, une lueur dans le regard.


La compétition, ou agir grâce à l’art
Une partie des participants partage cet état d’esprit. Ces derniers se disent motivés par la signification même de l’indépendance, y projetant leur propre perception. « Être indépendant, c’est se libérer des pensées négatives. Briser toutes les barrières qui entravent notre chemin », souligne Jennifer Ghossoub, étudiante en design graphique à l’UL. Quant à Krystel Sarkis, étudiante en publicité à l’ALBA, elle évoque « une autre forme d’indépendance : celle des esprits qui refusent d’étouffer leurs voix, affrontant le poids et les normes sociaux ».

À travers la compétition, ces artistes en herbe reflètent ainsi les visions alternatives qu’ils ont de l’indépendance. Des visions, souvent à contre-courant, qui brisent les carcans.

La compétition est également, pour ces jeunes, une opportunité d’aborder des défis quotidiens dans un cadre artistique, et d’effectuer leur part, à leur façon. « Si nous avons des talents artistiques, il est essentiel de les mettre au service de notre pays. L’art doit avoir une cause, être engagé et pas juste faire du beau », insiste Krystel. Sa camarade, Gabriella, le confirme : « Ce qui m’a le plus motivée, c’est d’essayer de comprendre ce que je peux faire chez moi pour pouvoir donner à mon pays. » Même engagement pour Reine Mahfouz, étudiante en design graphique à l’USEK : « Les nouvelles générations ont tendance à se couper de leurs racines, la compétition serait donc une manière indirecte de les motiver à s’exprimer et à devenir plus patriotiques. »

Au-delà de cette compétition, ces jeunes voix expriment leur attachement à leur pays malgré le malaise que la plupart ressentent, comme le résume Gabriella : « Notre point de vue n’est jamais pleinement pris en compte. Le Liban n’est pas entre les mains de nos parents, mais entre les nôtres ; nous sommes le futur. ». « Le Liban n’est pas rétabli, mais il est plein de potentiel, et c’est à nous, les jeunes, de l’exploiter pour continuer à améliorer ce pays », confirme Rita.

À la fin de cette compétition et après une sélection, par le jury, de 30 projets, le 12 novembre, à la villa Audi, le comité annoncera les 3 lauréats, le 17 novembre, à la citadelle de Rachaya. Lors d’une cérémonie, il décernera des prix aux gagnants, 1 000 dollars au 3e, 2 000 au 3e et 3 000 au 1er. Les 30 affiches sélectionnées seront en outre exposées dans le musée de la citadelle qui sera inauguré le même jour, aux côtés de documents offerts par les Archives nationales. L’exposition sera également mise en ligne sur le site internet du musée, réalisé avec l’USAid. Enfin, les plus belles affiches célébreront le 75e anniversaire de l’Indépendance du Liban sur des panneaux publicitaires à travers le pays.

www.rachaya.org

https://m.facebook.com/rashayafestival/

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