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Liban

De l’importance, pour Carlos Ghosn, de ses racines libanaises...

Conférence internationale

« Il est faux de penser que l’on peut sauver ou développer une entreprise par une politique de réduction des coûts », a asséné le PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi.

31/10/2018

C’est à un exposé succinct, mais très didactique de sa vision de la mondialisation et de sa conception de la gestion d’une entreprise, que s’est livré le PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn, au cours d’une causerie-débat organisée dans le cadre des travaux de la conférence internationale sur la gouvernance mondiale (World Policy Conference, WPC) qui s’est tenue à Rabat la semaine dernière à l’initiative de l’Institut français des relations internationales (IFRI).

C’était une occasion pour M. Ghosn de revenir, aussi, sur ses racines libanaises. En réponse à une question de Riad Tabet, conseiller du directeur général de l’IFRI Thierry de Montbrial, sur l’impact que ses racines libanaises auraient pu avoir sur son ascension professionnelle, Carlos Ghosn a confirmé un tel impact positif en mettant l’accent sur l’importance et le caractère bénéfique du pluralisme culturel dans la carrière d’une personne. « J’ai eu la chance d’être confronté à trois cultures, a-t-il ainsi relevé. Je suis né au Brésil, j’ai fait mes études scolaires au Liban et j’ai suivi une formation universitaire en France. L’éducation que j’ai reçue au Liban a incontestablement eu un impact positif sur ma carrière. »

Pour illustrer concrètement l’importance d’un tel pluralisme culturel dans la vie d’un cadre supérieur ou d’une entreprise, il est revenu sur l’option qu’il avait prise de construire en Inde une voiture à un coût particulièrement bas. Alors que des ingénieurs français et japonais soutenaient que ce projet était irréalisable, des ingénieurs indiens affirmaient le contraire. « Mon souci premier était évidemment que cette voiture soit robuste et sûre, a-t-il souligné. J’ai alors décidé d’associer à cette initiative les ingénieurs français, japonais et indiens pour combiner l’expertise de ces trois groupes, et c’est de cette façon que le projet a pu être mené à son terme, grâce au mariage de ces trois cultures. Aucun de ces trois groupes n’aurait pu, seul, réaliser avec succès un tel projet. »

Explicitant encore davantage l’impact positif que pourrait avoir un pluralisme culturel dans le développement d’une entreprise, Carlos Ghosn a insisté sur le fait qu’au sein du groupe Renault-Nissan-Mitsubishi, il veille à ce qu’aucune de ces trois entités ne cannibalise l’autre. « Chacune de ces trois entités a sa propre culture, son ADN, qu’il est nécessaire de préserver dans le cadre d’une stratégie globale à plusieurs facettes », a-t-il déclaré.

À l’évidence, le patron du groupe Renault-Nissan-Mitsubishi se montre confiant quant à l’avenir de la mondialisation qui ne risque pas, à son avis, d’être remise en cause par les bouleversements sociopolitiques perceptibles à l’échelle mondiale. « Des obstacles et des couacs apparaissent, certes, ça et là de temps en temps, mais cela ne remet pas en cause la tendance globale à la mondialisation à long terme », souligne-t-il. « La mondialisation présente de gros avantages et chaque obstacle a sa solution », a conclu M. Ghosn, se montrant résolument optimiste sur ce plan.

M. Ghosn a, enfin, tenu à apporter un démenti cinglant à la réputation de « cost killer » que d’aucuns ont voulu lui forger lorsqu’il a pris en charge Renault et Nissan. « Il est faux de penser que l’on peut sauver ou développer une entreprise par une politique de réduction des coûts, a notamment affirmé Carlos Ghosn. Le cas échéant, c’est à un effort de formation et à une redistribution des ressources qu’il faudrait plutôt se livrer », a-t-il précisé, mettant l’accent sur « les efforts colossaux de formation » qu’il est nécessaire de déployer « pour ne pas être dépassé » par les progrès technologiques. Il a relevé toutefois, dans cette perspective, que « les gens au sein d’une entreprise sont généralement réticents à tout changement ».



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Tina Chamoun

Effectivement, Gone comme il se fait appeler c'est on ne peut plus libanais!!! Gone are the roots!

Georges MELKI

Et si M. Ghosn changeait l'orthographe de son nom pour que les Français cessent de l'appeler Carlos Gône et le prononcent tel qu'il doit l'être? Ghossen, par exemple? Ou, mieux, Rhossen, qui sonnerait un peu comme en arabe...

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