Je le revois encore sur son lit d’hôpital
Tel un ressuscité souriant à la vie
Reprenant le dessus sur les esprits du mal
Foisonnant de projets, de passions et d’envies
Marwan a su se battre contre la maladie
Tel un fervent seigneur, dévoué à la vie
Son parcours d’ailleurs fidèlement en témoigne.
De Beyrouth à Paris, ce banquier téméraire
A mené son bateau, mû de force et de poigne
Imposant à chacun le respect de ses pairs
Nos moments si précieux ont acquis la valeur
Du temps rare, révolu qui inspire le bonheur
Au café, ton tabac avait une autre odeur
Celle des épopées dignes d’un grand seigneur
Qui narre passionné ses années de labeur
Dévoué à sa tâche avec tant de ferveur.
Il était délicieux et tellement attachant
Qu’il comptait des amis parmi tous ses clients.
À ses côtés une dame comme pour tous les seigneurs
Elle veillait sur ses maux, sur chacun de ses gestes
Elle pansait ses blessures, confortait ses douleurs.
Mon cher Marwan n’est plus, mais son souvenir reste
Me rappelant soudain ces vers d’Apollinaire :
« Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps, brin de bruyère.
Et souviens-toi que je t’attends »
Bien à toi
Michel ADWAN


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