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Culture - PEINTURE

La balade des poupées de Valeria Depadova

Femmes universelles ou marionnettes patchwork ethniques, elles peuplent l’imaginaire enfantin de l’artiste française.

Une séance de peinture en direct dans les Souks de Beyrouth par l’artiste française Valeria Depadova. D.R.

Les yeux bleus perçants et le regard vif de Valeria Depadova suivent comme des lasers ses coups de truelle sur la toile. Invitée par la galerie Carré d’artistes où elle expose depuis plusieurs mois déjà, elle livre ce jour-là, aux passants des Souks de Beyrouth et aux amateurs d’art en général, une belle leçon de peinture en direct. Sous les yeux du public, la toile prend forme petit à petit, et l’on voit s’esquisser la silhouette d’une « femme à grosses fesses » !

Artiste autodidacte, Depadova peint depuis l’adolescence. Au départ adepte des formes abstraites, elle se tournera plus tard vers la figuration, et plus spécialement des silhouettes féminines, sa marque de fabrique. Car l’œuvre de Depadova, un fondu de couleurs et de touches subtiles de pastels, est une ode aux filles d’Ève. Seules ou accompagnées, des femmes à foulard, en robes à éventails et autres lignes courbes s’épanouissent à même le cadre. « Je ne sais jamais ce que mon tableau va être », explique l’artiste lorsqu’on l’interroge sur sa technique de travail. « Je commence par le fond, puis le personnage vient s’y calquer », poursuit-elle. Son travail, elle l’effectue dans le calme de son atelier, dans le sud de la France, mais aussi dans les brocantes et chez les bouquinistes. Elle « aime chiner », et elle utilise une « ribambelle de papiers » dans ses collages. Journaux, magazines, vieilles encyclopédies, retravaillés, réimprimés, triturés quelques fois maltraités. Auxquels elle ajoute du pastel, de l’encre de Chine et du graphite. La toile est ainsi travaillée en une multitude de couches, en un patchwork éclatant et virevoltant. C’est cette multiplicité des techniques qui vient donner du relief à ses poupées-femmes, et qui apporte aussi de la lumière à ses tableaux.

Une femme engagée

Si on peut y voir une forte influence de l’art d’Afrique de l’Ouest, l’artiste mentionne la similitude – souvent évoquée par le public – entre son art et les marionnettes de théâtre indonésiennes. Quoi qu’il en soit, il est clair que son art regorge d’influences multiples, nourries de ses nombreux voyages en Asie (Indonésie, Inde, notamment), mais aussi de son enfance en Algérie. « Un art qui sera sans doute influencé par ce premier séjour au Liban », confie Valeria Depadova. D’où le titre de son exposition, D’ici et d’ailleurs.

L’artiste affirme que son œuvre est engagée, qu’elle a pour vocation d’illustrer la femme universelle, où chacune peut se reconnaître. « Mes femmes sont toujours déterminées, elles savent ce qu’elles veulent », déclare-t-elle fièrement. Dans leurs différentes postures, elles portent en effet un regard appuyé sur le spectateur. Femmes reflets de l’inconscient multiple de l’artiste, elles sont souvent liées les unes aux autres par un petit bout de ficelle qui symbolise le fil de la vie. Et c’est bien l’image – et l’hommage – qu’elle aspire donner à ces femmes : indépendantes, affirmées. Un message pour petits et grands. Un art pour tout le monde, en somme.

Galerie Carré d’artistes

Rue Fakhry bey, Beyrouth Souks,

centre-ville

Tél. : 961/1/999983.


Les yeux bleus perçants et le regard vif de Valeria Depadova suivent comme des lasers ses coups de truelle sur la toile. Invitée par la galerie Carré d’artistes où elle expose depuis plusieurs mois déjà, elle livre ce jour-là, aux passants des Souks de Beyrouth et aux amateurs d’art en général, une belle leçon de peinture en direct. Sous les yeux du public, la toile prend forme...

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