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En Algérie, 200 députés bloquent l'accès de l'Assemblée à son président

AFP
16/10/2018

Environ 200 députés algériens de la majorité ont bloqué durant plusieurs heures mardi l'entrée de l'Assemblée populaire nationale (APN), cadenassant la porte, pour en interdire l'accès à son président, dont ils réclament la démission.

Saïd Bouhadja, président de l'APN, la Chambre basse du Parlement, est accusé par ses détracteurs de "mauvaise gestion, de dépenses exagérées et illicites et d'un recrutement douteux".

Selon Cheikh Berbara, député du Mouvement populaire algérien (MPA) et proche du pouvoir, au moins 351 députés sur les 462 que compte l'APN "ont signé en faveur de cette action de protestation pacifique visant à réclamer la démission du président de l'Assemblée".

Les députés ont quitté l'APN mardi à la mi-journée, sans signe de son président, qui avait pourtant promis au site TSA de ne pas avoir "peur" de cette action, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Depuis fin septembre, cinq groupes parlementaires exigent sans succès la démission de M. Bouhadja. Parmi eux, le Front de libération nationale (FLN) du chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika et le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, détenteurs à eux deux de la majorité absolue.

M. Ouyahia en personne et le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, lui ont également intimé publiquement de démissionner.

Lundi, le bureau politique du FLN, avait décidé de traduire M. Bouhadja, membre du parti présidentiel, en conseil de discipline en vue de son exclusion pour "non respect des instructions émanant de la direction politique du parti".

 

"Image du pays"
Ni la Constitution ni la loi algériennes ne prévoient de procédure pour destituer le président de l'APN. Depuis trois semaines, le Parlement est ainsi devenu le théâtre de passes d'armes quasi quotidiennes entre son président et ses détracteurs.

Plusieurs partis d'opposition se sont, eux, insurgés contre le blocage de l'APN, dénonçant une atteinte aux institutions.

Député du Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD), Ouamar Saoudi, a dénoncé mardi devant la presse "une action qui vient de l'extérieur de l'Assemblée, (...) du bureau politique du FLN".

Ahmed Sadok, président du groupe d'opposition parlementaire du Mouvement de la société pour la Paix (MSP, islamiste), a lui fustigé une "action qui ne fait honneur ni aux députés ni au Parlement ni à l'image du pays". "Si les députés de la majorité ne veulent plus travailler avec M. Bouhadja (...), il faut que leur action soit légale. Pour le moment, il n'y a rien qui l'empêche d'assumer ses fonctions", a-t-il souligné.

Les motifs réels de cette crise restent flous. M. Bouhadja attribue ses déboires à sa décision de limoger fin septembre le secrétaire général de l'Assemblée, réputé proche de certains caciques du FLN.

Les activités parlementaires demeurent bloquées. Toufik Touche, président de la Commission des Finances, a indiqué mardi à l'AFP que l'APN ne pouvait examiner en l'état le projet de loi de Finances 2019, soumis par M. Bouhadja.


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