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Culture

À 25 ans, on a faim de numérique...

Conférence de presse

Le Salon du livre francophone de Beyrouth célèbre, cette année, son quart de siècle d’existence. Pour rester jeune et dans le coup, il change d’adresse et se tourne vers les cultures numériques.

16/10/2018

Cela fait vingt-cinq ans qu’il est fidèle à son rendez-vous annuel avec les lecteurs libanais. Vingt-cinq ans qu’il défie toutes les contingences socio-économico-politiques auxquelles il se trouve confronté pour continuer à jouer les marqueurs de la rentrée culturelle beyrouthine. Et continuer à accueillir près de 80 000 visiteurs en dix jours. Au bout de tant d’années, quoi de plus naturel que de tenter un petit relookage pour ne pas laisser la lassitude s’installer…

C’est effectivement ce qu’a entrepris le Salon du livre francophone de Beyrouth en se tournant vers les cultures numériques, dont il a fait le thème de son édition de 2018. En s’ouvrant aussi plus largement au multilinguisme, à travers un stand collectif d’une quinzaine d’éditeurs arabophones. Et, en se déplaçant du front de mer embouteillé vers un nouvel espace, à Tahwita/Furn el-Chebbak, plus facile d’accès à tout le monde. Et toujours appelé BIEL.

Voici, en gros, les principales nouveautés de cet événement – organisé comme toujours, par l’Institut français et l’ambassade de France au Liban, en lien avec le syndicat des importateurs de livres et de nombreux partenaires – qui se tiendra du 3 au 11 novembre, de 10h à 21h. C’est ce qu’a annoncé Véronique Aulagnon, conseillère de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France et directrice de l’Institut français du Liban, au cours d’une conférence de presse qui s’est déroulée dans les locaux de l’IFL rue de Damas, en présence de l’ambassadeur de France Bruno Foucher, Lynn Téhini, représentant le ministre de la Culture Ghattas Khoury, des ambassadeurs de Suisse et de Belgique, respectivement Monika Schutz-Kirgoz et Hubert Cooreman, ainsi que des représentants des principaux partenaires de ce Salon, parmi lesquels Hanaa Jabbour, directrice marketing du groupe L’Orient-Le Jour; Miranda Khalaf de l’AUF Moyen-Orient ; Pierre Sayegh, président du syndicat des importateurs de livres et Raoul Nehmé, directeur général exécutif de Bankmed.


Des débats sans autocensure…

Pour cette 25e édition qui comptera 60 exposants, 180 auteurs sont attendus. Des écrivains étrangers et libanais : romanciers, essayistes, historiens, bédéistes, auteurs de livres jeunesse, d’ouvrages culinaires… Il y aura comme toujours des rencontres, des échanges et des débats d’idées. « Sans autocensure, sans tabou, avec le souci de garantir la diversité des points de vue », comme l’a signalé l’ambassadeur Bruno Foucher. Lequel a assuré qu’« on parlera ainsi cette année de laïcité, de réécriture de l’histoire, de mémoire de la guerre civile, de manipulation de l’information, des crises régionales, entre autres ».

Au programme de cette manifestation culturelle, on retrouvera les animations scolaires et ateliers jeune public, les habituelles proclamation de prix (dont le Choix Goncourt de l’Orient en présence de Tahar Ben Jelloun et Véronique Olmi), projections de films (avec une riche sélection allant du reportage et documentaires aux films d’animation), lectures et performances (en partenariat, cette fois, avec le collectif Zoukak, dont une partie de la programmation de son Sidewalks Festival aura lieu au Salon).

Sauf que, pour la première fois, le Salon du livre francophone réservera un espace de 100 m² entièrement consacré aux cultures numériques. À travers une série de rencontres et de tables rondes de spécialistes libanais et français comme Joe Moukarzel, Dominique Cardon, Remy Rieffel ou Stéphane Natkin, des éclairages seront apportés sur des questions portant sur « les incidences de cette révolution dans tous les domaines, de l’éducation à la santé, en passant par les relations sociales, le travail, le savoir ou encore la relation des médias et des jeux vidéos… ».

Cet espace dédié à la Tech permettra aussi aux écoles et au grand public de découvrir et d’interagir avec une sélection des meilleures start-up, fablabs, écoles de coding, associations d’enseignement des technologies libanaises qui contribuent à la culture numérique.

Certes, ce Salon n’accueillera pas vraiment de nouvelles têtes d’affiches (les « célébrités » comme Tahar Ben Jelloun, Véronique Olmi, Katherine Pancol, Laurent Gaudé, Zeina Abirached sont désormais des habitués). Il programme, cependant, la participation de figures majeures des sciences humaines et sociales du paysage francophone, à l’instar de Christine Ockrent et Gilles Kepel… Ou encore Stéphane Lacroix, Leyla Dakhli et Mathieu Rey qui échangeront autour des thèmes de l’occidentalisation et de la laïcité ainsi que des destins communs des révolutions arabes…

En somme, cette 25e édition s’annonce comme celle de la « liberté, de la francophonie et de la jeunesse », comme l’a si bien résumé l’ambassadeur Foucher pour expliquer les raisons de son importance aux yeux de la France. Un événement tout aussi essentiel pour les lecteurs, libraires, éditeurs francophones libanais et même au-delà pour tous ceux qui cultivent curiosité d’esprit et véritable ouverture au monde…

Le programme est disponible sur facebook.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE NUMERIQUE EST ENTRE DANS TOUS LES AGES. IL EST DEVENU UNE NECESSITE ET UN TRAIN DE VIE !

Sarkis Serge Tateossian

C'est une très belle réussite le salon du livre francophone de Beyrouth, une belle fierté pour nous tous.

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