Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a affirmé que Damas avait besoin de "temps" pour vérifier la mise en œuvre de l'accord russo-turc sur Idleb, fragilisé par l'absence de retrait des jihadistes d'une future zone tampon, prévu ce lundi.
"Nous devons prendre le temps (...). Nos amis russes doivent juger si l'accord a été appliqué ou pas", a dit M. Mouallem lors d'une conférence de presse à Damas avec son homologue irakien, Ibrahim Jaafari. "Nous devons attendre la réaction de la Russie", qui "surveille et suit" la situation et dont la police militaire devra "patrouiller dans la zone tampon", a-t-il ajouté. "Nous devons attendre mais, en même temps, nos forces armées sont prêtes dans les environs d'Idleb", a-t-il dit.
Le ministre syrien des affaires étrangères a répété que la province d'Idleb et les zones avoisinantes, à l'instar de toutes les régions de Syrie, avaient vocation à revenir "sous souveraineté syrienne". Il n'a pas exclu un éventuel recours à l'option militaire. "Le Front al-Nosra (actuel Hayat Tahrir al-Cham/HTS, ndlr) apparait sur 27 +listes terroristes+ aux Nations unies et doit être délogé de son dernier bastion", a-t-il argué. Ces propos font écho à ceux du président Bachar el-Assad, qui a récemment qualifié de "temporaire" l'accord russo-turc, et a assuré qu'Idleb et les régions voisines reviendraient à terme au régime.
L'accord russo-turc, conclu à Sotchi (Russie) le 17 septembre, prévoit une "zone démilitarisée" pour séparer les territoires du régime Assad de ceux encore tenus par les rebelles et jihadistes. Il a permis de repousser l'échéance d'une offensive meurtrière du régime sur cet ultime bastion insurgé de Syrie. Selon les termes de l'accord, les jihadistes avaient jusqu'au 15 octobre pour se retirer de la zone tampon, mais aucun départ n'a été observé jusqu'à ce lundi sur le terrain.


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