Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Religion

Constantinople doit décider du sort de l’Église de Kiev

Les patriarches de Moscou, Kirill, et de Constantinople, Bartholomée, lors de leur rencontre le 31 août à Istanbul. Ozan Kose/AFP

La possible reconnaissance d’une Église ukrainienne indépendante de Moscou est au menu d’un saint-synode du patriarcat de Constantinople qui s’est ouvert hier à Istanbul, une décision susceptible de provoquer des troubles, a averti la Russie.

Les orthodoxes en Ukraine sont divisés : une partie appartient à l’Église rattachée au patriarcat de Moscou et une autre partie est fidèle au patriarcat de Kiev, autoproclamé après l’indépendance du pays en 1992, et qui n’est reconnu aujourd’hui par aucune Église orthodoxe dans le monde.

C’est au patriarche Bartholomée de Constantinople, basé à Istanbul en Turquie et « premier parmi ses égaux » par rapport aux autres patriarches des Églises orthodoxes, de trancher, après une demande officielle du patriarcat de Kiev, soutenue par les députés ukrainiens, d’être reconnu comme une Église à part entière dans le monde orthodoxe. Lors de ce synode, qui doit s’achever aujourd’hui, deux émissaires de Constantinople dépêchés en Ukraine en septembre exposeront les résultats de leur mission et les contacts qu’ils ont eus sur place.

La mission de ces émissaires à Kiev, dont Moscou n’avait pas été averti, avait été interprétée comme le préambule d’une reconnaissance par Constantinople d’une Église orthodoxe ukrainienne indépendante. L’un des deux émissaires, l’archevêque américain Daniel, avait d’ailleurs affirmé sur place le 17 septembre que la création d’une Église orthodoxe ukrainienne indépendante était d’ores et déjà « décidée ». Furieux, Moscou avait rompu une partie de ses liens avec Constantinople, dénonçant un « coup dans le dos » de la part d’un patriarcat avec qui les relations étaient déjà difficiles et menaçant de couper tout contact en cas de reconnaissance d’une Église ukrainienne indépendante. Le patriarche russe Kirill, considéré comme un allié du président Vladimir Poutine, s’oppose fermement à la volonté d’indépendance du patriarcat de Kiev, qu’il assimile à une « catastrophe » et à un « schisme » dans le monde orthodoxe.

Alors que la reconnaissance d’une Église orthodoxe indépendante semble imminente, Moscou a averti hier que des troubles se produiront probablement en Ukraine si une décision en ce sens était annoncée. « Nous assistons déjà à la saisie illégale d’églises orthodoxes en Ukraine. Les croyants sont sur la défensive », a déclaré le métropolite Hilarion, en charge de la diplomatie du patriarcat de Moscou. « Nous pouvons imaginer ce qui se passera si ces usurpations sont officiellement approuvées par les autorités et si elles prennent un caractère systématique. Bien sûr, les gens sortiront dans la rue et défendront ce qui est sacré pour eux », a-t-il ajouté. Le président ukrainien Petro Porochenko a multiplié les critiques ces derniers mois contre la branche de l’Église orthodoxe loyale à Moscou, allant jusqu’à la qualifier de « menace directe à la sécurité nationale ».

Source : AFP


La possible reconnaissance d’une Église ukrainienne indépendante de Moscou est au menu d’un saint-synode du patriarcat de Constantinople qui s’est ouvert hier à Istanbul, une décision susceptible de provoquer des troubles, a averti la Russie.Les orthodoxes en Ukraine sont divisés : une partie appartient à l’Église rattachée au patriarcat de Moscou et une autre partie est fidèle au patriarcat de Kiev, autoproclamé après l’indépendance du pays en 1992, et qui n’est reconnu aujourd’hui par aucune Église orthodoxe dans le monde.C’est au patriarche Bartholomée de Constantinople, basé à Istanbul en Turquie et « premier parmi ses égaux » par rapport aux autres patriarches des Églises orthodoxes, de trancher, après une demande officielle du patriarcat de Kiev, soutenue par les députés...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut