Les autorités hongkongaises ont refusé de renouveler le visa de travail d'un journaliste du Financial Times travaillant dans l'ex-colonie britannique, deux mois après qu'il eut animé une conférence avec un militant indépendantiste hongkongais, a annoncé le quotidien. Rédacteur en chef pour l'Asie du Financial Times, Victor Mallet est également vice-président du Club des correspondants étrangers (FCC), une institution de la presse à Hong Kong.
Les autorités hongkongaises avaient sans succès tenté de dissuader le FCC, qui invite régulièrement des personnalités pour des conférences ouvertes à ses membres et aux médias, d'accueillir le 14 août Andy Chan, dirigeant du minuscule Parti national qui milite pour l'indépendance de l'ex-colonie britannique, revenue dans le giron de Pékin en 1997. M. Mallet avait été l'animateur de la conférence lors de laquelle M. Chan avait accusé la Chine de chercher à "annexer" et "détruire" l'ex-colonie britannique.
De petites manifestations de partisans et d'adversaires de M. Chan avaient eu aux abords du FCC, et l'ancien chef de l'exécutif hongkongais Leung Chun-ying avait ouvertement appelé à ce que le prestigieux club soit expulsé du bâtiment qui l'abrite et qui appartient au gouvernement. "C'est la première fois que nous sommes confrontés à une telle situation à Hong Kong", a indiqué le Financial Times dans un communiqué confirmant que le renouvelement du visa du journaliste britannique avait été rejeté. "On ne nous a pas donné de raison au refus", selon la même source.
En vertu de l'accord de rétrocession passé entre Pékin et Londres, Hong Kong jouit d'une semi-autonomie et de libertés inconnues dans le reste de la Chine continentale, y compris la liberté d'expression. Mais nombreux sont ceux qui ont le sentiment que ces libertés sont en train de s'éroder et que la Chine durcit son emprise sur le petit territoire.
Le refus d'un nouveau visa pour M. Mallet est le signe d'une dégradation de la situation des droits de l'Homme à Hong Kong, a estimé Maya Wang, de Human Rights Watch. "Le gouvernement de Hong Kong est en train de suivre Pékin dans ses agissements agressifs à l'égard de ceux dont les opinions déplaisent aux autorités", a-t-elle dit. Le département hongkongais de l'Immigration n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.
La semaine dernière, Hong Kong a interdit le Parti national, une première depuis le retour en 1997 du territoire dans le giron de Pékin.


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