C’est demain vendredi à 13 heures, dans la cathédrale Notre-Dame du Liban de la rue d’Ulm à Paris, que seront célébrées les obsèques de notre ancien collaborateur Antoine Sfeir, décédé d’un cancer dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 70 ans. Le spécialiste du monde arabe et musulman sera ensuite inhumé en terre française.
« Dès le début de sa maladie, il y a quelques années, Antoine l’avait acceptée avec beaucoup de philosophie. En tant que croyant, la mort, disait-il, fait partie de la vie », a confié au quotidien Le Figaro la chercheuse Bérénice Murgue-Khattar, qui le connaissait bien.
« Antoine Sfeir était un passeur entre deux mondes, l’Orient et l’Occident, il avait de l’islam une connaissance profonde et chaleureuse », a réagi son ami François Bayrou, président du Modem, qui l’avait invité à l’Université d’été de son mouvement. « Et il fallait le voir, déjà atteint par la maladie, se tenir debout sur la scène, marchant tel un comédien, avide de transmettre ses convictions au public. »
Né à Beyrouth, maronite de confession, Antoine Sfeir avait commencé sa carrière au service étranger de L’Orient-Le Jour. Après avoir été enlevé en 1976, en pleine guerre par des milices palestiniennes qui l’avaient torturé pendant une semaine, il avait trouvé dans la France une patrie d’accueil à la hauteur de ses rêves. Mais du Liban, Antoine avait gardé le goût de l’initiative et, après avoir travaillé au journal La Croix, puis à l’hebdomadaire Le Pèlerin, il avait créé la revue trimestrielle Les Cahiers de l’Orient, qui avait consacré sa vocation de politologue.


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