Le Secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, en avril 2017. Photo d'archive AFP
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a estimé mercredi que la décision de la Cour internationale de justice (CIJ) était "une défaite pour l'Iran", bien qu'elle ait ordonné aux Etats-Unis de suspendre les sanctions visant les biens humanitaires. Selon le secrétaire d'Etat, la juridiction de La Haye "a rejeté à juste titre toutes les requêtes sans fondement de l'Iran" pour suspendre plus globalement les sanctions américaines.
"Nous travaillons étroitement avec le département du Trésor pour faire en sorte que certaines transactions avec l'Iran visant les biens humanitaires puissent continuer", a-t-il déclaré, assurant que Washington prenait déjà des mesures pour ne pas porter atteinte aux besoins humanitaires des Iraniens.
Mike Pompeo a aussi annoncé que les Etats-Unis mettaient fin à un "traité d'amitié" de 1955 avec l'Iran invoqué par la CIJ pour justifier sa décision. "C'est une décision qui, franchement, aurait dû être prise il y a 39 ans", lors de la révolution islamique de 1979 qui avait entraîné la rupture des relations entre les deux pays, a-t-il estimé.
Il a toutefois reconnu être "déçu" par le fait que la Cour n'ait "pas reconnu qu'elle n'était pas compétente pour statuer sur des questions liées aux sanctions américaines". "L'Iran détourne la CIJ pour des raisons politiques et de propagande", a-t-il martelé, dénonçant un dossier "sans fondement".
La CIJ se prononçait sur la demande de Téhéran introduite en juillet de suspendre les sanctions américaines réimposées par Donald Trump après le retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, la République islamique dénonçant un grave impact sur son économie.
Les juges de la Cour, la plus haute instance judiciaire des Nations unies, dont le siège est à La Haye, ont décidé à l'unanimité que les sanctions imposées visant certains biens constituaient une violation de ce traité d'amitié de 1955 qui encourage les échanges commerciaux.
Selon le jugement, Washington doit "supprimer toute entrave" à "la libre exportation vers l'Iran de médicaments et de matériel médical, de denrées alimentaires et de produits agricoles" et de biens nécessaires à la sécurité de l'aviation civile. Les juges estiment que les sanctions américaines "risquent de nuire gravement à la santé et à la vie de personnes se trouvant sur le territoire iranien".


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