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Attaqué en diffamation par l'oncle de Bachar el-Assad, un élu parisien jugé en France

L'élu communiste de Paris Ian Brossat est jugé mardi à Nanterre, au nord-ouest de Paris, pour avoir qualifié un terrain ayant appartenu à Rifaat el-Assad, l'oncle de Bachar, de "bien mal acquis, obtenu avec de l'argent volé au peuple syrien". En 2016, la ville de Paris expropriait Rifaat el-Assad d'un terrain en friche de 788 m2 situé dans le XVIe arrondissement, un arrondissement résidentiel huppé de la capitale, afin d'y construire des logements sociaux.

Sur la radio RTL, le journaliste Rémi Sulmont, également poursuivi en diffamation par Rifaat el-Assad, avait cité dans une chronique l'élu communiste de Paris Ian Brossat se réjouissant de cette décision.

Ce "bien mal acquis, obtenu avec de l'argent volé au peuple syrien par l'un des pires régimes au monde, va servir à l'intérêt général", avait salué l'adjoint au logement dans des propos rapportés par le journaliste.

Rifaat el-Assad, âgé de 81 ans, est poursuivi depuis juin 2016 par la justice française pour "blanchiment de fraude fiscale en bande organisée" et "détournement de fonds publics". Il est soupçonné d'avoir bâti, grâce à des détournements de fonds publics syriens, un patrimoine colossal en Europe.
En France, l'ancien dignitaire syrien disposait par exemple de deux hôtels particuliers à Paris dont un de 3.000 m2, un haras et un château dans le Val d'Oise ou encore 7.300 m2 de bureaux à Lyon (centre-est). Tous ces biens ont été saisis en 2016 par les douanes françaises.

L'indemnité de 9,5 millions d'euros versée par la ville de Paris pour compenser l'expropriation du terrain du XVIe arrondissement a également été gelée par la justice.

Rifaat el-Assad, qui dirigeait les Brigades de défense de la révolution, le corps d'élite du régime syrien, lors du massacre de Hama (centre) en 1982, a été contraint à l'exil en 1984 après un coup d'État raté contre son frère, Hafez el-Assad. D'après un ancien ministre des Affaires étrangères et haut dignitaire syrien, Abdel Halim Khaddam, Hafez el-Assad a alors fait verser à son frère quelque 300 millions de dollars pour se débarrasser de lui. Un versement que Rifaat el-Assad a toujours nié, soutenant devant les juges que les fonds venaient du roi Abdallah d'Arabie Saoudite, qui souhaitait financer ses activités d'opposant au régime de Damas.

Dans une procédure distincte lancée en Suisse en 2013, Rifaat el-Assad fait également l'objet d'une enquête pour crimes de guerre. La justice cherche à déterminer son rôle dans les massacres de Tadmor en 1980 et Hama en 1982, qui a fait selon les estimations entre 10.000 et 40.000 morts.

L'élu communiste de Paris Ian Brossat est jugé mardi à Nanterre, au nord-ouest de Paris, pour avoir qualifié un terrain ayant appartenu à Rifaat el-Assad, l'oncle de Bachar, de "bien mal acquis, obtenu avec de l'argent volé au peuple syrien". En 2016, la ville de Paris expropriait Rifaat el-Assad d'un terrain en friche de 788 m2 situé dans le XVIe arrondissement, un arrondissement résidentiel huppé de la capitale, afin d'y construire des logements sociaux. Sur la radio RTL, le journaliste Rémi Sulmont, également poursuivi en diffamation par Rifaat el-Assad, avait cité dans une chronique l'élu communiste de Paris Ian Brossat se réjouissant de cette décision. Ce "bien mal acquis, obtenu avec de l'argent volé au peuple syrien par l'un des pires régimes au monde, va servir à l'intérêt général", avait salué...