Le ministre des Finances Philip Hammond a étrillé lundi Boris Johnson, affirmant qu'il n'envisage pas de voir l'ex-ministre des Affaires étrangères, pourfendeur de la stratégie de Theresa May sur le Brexit, devenir un jour Premier ministre.
Boris Johnson pourrait-il devenir Premier ministre? "Je n'envisage pas que cela se produise" a répondu Philip Hammond au tabloïd Daily Mail, suggérant qu'il ne pourrait pas mener une "politique adulte".
Quant au bilan de Boris Johnson lorsqu'il était maire de Londres de 2008 à 2016, "on peut évoquer une ou deux choses comme les Boris Bikes (vélos en libre service, ndlr). Mais je crains que quand vous négociez avec l'Union européenne, vous deviez vous attacher aux faits et aux détails", a-t-il taclé.
Cette attaque de Hammond, habituellement plutôt modéré dans ses propos, intervient en plein congrès du Parti conservateur, où s'étalent les divisions entre les partisans d'une rupture franche avec l'UE, et ceux qui, comme lui, préféreraient conserver des liens étroits après le Brexit, prévu le 29 mars 2019.
Vendredi, Boris Johnson avait jugé "catastrophiques" les propositions dites "de Chequers" de la Première ministre pour le Brexit parce qu'elles "obligeraient le Royaume-Uni à continuer d'accepter les règles, règlementations et taxes de l'UE (...) sans qu'il ait son mot à dire".
Boris Johnson a appelé dans le Telegraph à "jeter à la poubelle" ce plan et proposé à la place un "super accord de libre échange" dans l'esprit de celui signé entre l'UE et le Canada (CETA).
L'ancien ministre, qui avait claqué la porte du gouvernement pour marquer son opposition à ce plan, l'a aussi qualifié de "fou" et d'"absurde" dans une interview au Sunday Times. Poussant la cheffe des conservateurs écossais Ruth Davidson à l'exhorter au "silence".
Quant à l'ex-ministre chargé du Brexit, David Davis, qui avait démissionné du gouvernement en désaccord avec Theresa May, il s'est distancié de son ancien collègue.
"Boris est un excellent camarade, nous avons une amitié très forte, mais beaucoup de ses idées, je pense, font de bons titres pour les journaux mais pas forcément de bonnes politiques".
Lundi, Boris Johnson a préféré consacrer sa chronique hebdomadaire dans le Telegraph à la sauvegarde des éléphants d'Afrique, "une des priorités des Britanniques", et à la nécessité d'y consacrer une plus grande part du budget d'aide internationale du pays.


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