Le ministre sortant libanais de l'Information, Melhem Riachi, a annoncé lundi qu'en raison de la crise de la presse écrite au Liban, il allait transmettre des projets de lois qu'il avait soumis au Conseil des ministres pour qu'ils soit étudiés par le Parlement.
"En pleine crise de la presse écrite, nous avons décidé de transmettre à la Chambre les projets de lois sous le chapitre de la législation de nécessité", a affirmé M. Riachi lors d'une réunion avec les représentants de la presse écrite.
Le groupe de presse libanais as-Sayyad avait annoncé vendredi sa fermeture par le biais de son quotidien al-Anwar, dernière disparition en date dans le paysage médiatique libanais déjà sinistré. Cette cessation d'activité n'est que la dernière d'une longue série de fermetures de quotidiens et de périodiques au cours des dernières années, sur fond de marasme économique. En juin, le prestigieux quotidien panarabe al-Hayat, fondé en 1946, avait fermé son bureau à Beyrouth. Il avait été précédé fin 2016 par le quotidien as-Safir, lancé en 1974 et qui avait accueilli dans ses colonnes les plus grands intellectuels arabes. D'autres quotidiens de renom, comme an-Nahar, ont procédé à des licenciements de masse ou à une suspension du paiement des salaires pour éviter le même sort.
La tenue d'une séance parlementaire, en l'absence d'un nouveau gouvernement fait polémique au Liban, certaines parties la jugeant contraire à la Constitution. Mais le Premier ministre désigné Saad Hariri, qui tente sans succès depuis quatre mois de former un cabinet, s'est entendu avec le président de la Chambre Nabih Berry pour ne légiférer que sur les questions de nécessité.
En 2015 et 2016, le Parlement avait déjà tenu plusieurs séances sous le chapitre de la législation de nécessité, lors de la vacance présidentielle entre mai 2014 et octobre 2016, avant l'élection de Michel Aoun à la tête de l’État. Les séances qui avaient alors été convoquées concernaient le vote de lois financières liées aux obligations internationales du Liban.


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