Les autorités irakiennes ont regretté samedi la décision des Etats-Unis de fermer leur consulat à Bassora, ville pétrolière du sud de l'Irak théâtre ces dernières semaines de manifestations meurtrières.
Le ministère des Affaires étrangères s'est dit, dans un communiqué, "désolé de la décision de la diplomatie américaine de retirer les employés du consulat de Bassora et de sa mise en garde aux voyageurs se rendant en Irak".
Evoquant "des menaces de plus en plus nombreuses et spécifiques et des incitations à attaquer" les intérêts américains en Irak, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a ordonné vendredi "un déplacement temporaire (du) personnel diplomatique" à Bassora. Il a accusé l'Iran, voisin de l'Irak et bête noire des Etats-Unis, et ses unités d'élite ainsi que "des milices" d'être derrière ces menaces.
L'Iran, par la voix du porte-parole de la diplomatie Bahram Ghassemi, y a vu une justification "absurde". M. Ghassemi a dénoncé "des semaines de propagande et d'accusations mensongères contre l'Iran et les forces irakiennes". Pour lui, la fermeture du consulat vise notamment à "faire pression sur le gouvernement" irakien.
Le département d'Etat américain a par ailleurs publié un nouvel avis aux ressortissants américains voyageant en Irak, les prévenant que la capacité des autorités américaines à les secourir en cas d'urgence était "extrêmement limitée".
De violentes manifestations ont éclaté début septembre à Bassora contre la corruption des dirigeants et la déliquescence des services publics, faisant 12 morts. Les manifestants avaient mis le feu au gouvernorat, au consulat de l'Iran voisin, à la plupart des sièges de groupes armés et aux permanences de partis politiques.
Quatre roquettes s'étaient par ailleurs abattues dans l'enceinte de l'aéroport, situé non loin du consulat américain. Washington avait alors fait état "d'attaques dangereuses" contre le consulat.
Les Etats-Unis, qui ont emmené en 2003 l'invasion ayant renversé le dictateur Saddam Hussein, sont un allié clé de l'Irak.
C'est grâce à leur aide militaire, principalement aérienne, que les forces irakiennes ont réussi à défaire le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en le chassant en décembre 2017 de tous les centres urbains d'Irak.
Les Etats-Unis sont avec l'Iran les deux principales puissances agissantes en Irak, laminé par les crises politique et économique ainsi que par l'insécurité ces dernières années.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine