Photo d'archives AFP
Le Premier ministre national-conservateur hongrois Viktor Orban a salué vendredi le discours anti-"mondialiste" tenu devant l'Assemblée générale de l'ONU par Donald Trump, en qui il a salué une "icône" pour le mouvement souverainiste.
Le président américain acquiert de plus en plus le statut "de phénomène, d'icône (...) représentant bien plus que lui-même", a estimé le dirigeant dans une allocution à la radio publique hongroise.
M. Trump a fait mardi à la tribune de l'ONU l'éloge de la "souveraineté" et dénoncé "l'idéologie du mondialisme", deux chevaux de bataille de M. Orban, devenu lui-même l'emblème de ce courant de pensée en Europe.
"Durant les dernières décennies, les Etats-Unis se sont en quelque sorte donné pour mission de rendre le monde meilleur, alors que c'était en fait contre les intérêts américains", a estimé M. Orban.
Sous les précédentes administrations, et notamment celles de Barack Obama, "les Etats-Unis pensaient savoir ce qui était bon, moral, juste, et comment le monde devait être", a-t-il poursuivi. Mais en réalité "ils voulaient imposer leur volonté au monde entier, y compris à la Hongrie", a estimé M. Orban, un admirateur revendiqué du modèle de société "illibérale" du président russe Vladimir Poutine.
M. Trump a "décrété la fin de cette politique" et désormais la Hongrie n'a plus besoin de se "défendre" contre les tentatives de prise d'influence américaine, s'est félicité le dirigeant hongrois qui a notamment fait des ONG du milliardaire libéral américain George Soros l'une de ses cibles favorites.
M. Orban, l'un des premiers dirigeants à féliciter M. Trump pour son élection il y a deux ans, s'était auparavant régulièrement vu reprocher par la secrétaire d'Etat de Barack Obama, Hillary Clinton, des atteintes à la liberté de la presse, de la justice et de la société civile. "Je ne peux même pas vous dire combien j'ai souffert avec (Mme Clinton)", a-t-il déclaré vendredi.
Les propos de M. Orban, dont le pays a adhéré à l'Union européenne en 2004, s'écartent de l'opinion de la plupart des pays européens, majoritairement hostiles au tournant isolationniste et imprévisible imposé par M. Trump à la politique américaine.
Dans un vote inédit à forte portée symbolique, le Parlement européen a activé mi-septembre l'article 7 pouvant conduire à des sanctions contre la Hongrie, notamment pour ses atteintes aux valeurs de l'UE en matière de libertés publiques et de droits des migrants.

