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Culture

Valérie Cachard : Je rêvais d’imaginer un spectacle au cœur du Musée national

Interview express

L’auteure, professeure de théâtre et comédienne participe à une lecture en déambulation demain samedi au Musée national de Beyrouth.

28/09/2018

Pourriez-vous nous décrire la nature de l’événement qui aura lieu le 29 septembre au Musée national ?

Il s’agit du lancement d’un livre : Les voix : écrits au Musée. L’ouvrage est l’aboutissement d’un projet de longue haleine, qui s’est concrétisé dans des ateliers d’écriture menés au Musée national par Georgia Makhlouf, en collaboration avec la conservatrice Anne-Marie Afeiche. L’ouvrage reprend les textes écrits par les 13 auteurs qui y ont participé et est illustré par des gravures originales de Hassan Zahreddine, inspirées par les mêmes objets qui ont servi de support aux écrits. Il y aura donc une signature de l’ouvrage et, en parallèle, une lecture en musique et en déambulation qui se fera à 17h, 18h et 19h dans certaines parties du musée. Dirigée par moi-même, Valérie Cachard, elle rassemble trois des auteurs : Marie Lagarrigue, Marie-Noëlle Japy et Mona Krayem, ainsi que deux artistes : Chantal Mailhac et Philippe Rigot.

Vous avez effectué le montage de ces textes qui avaient auparavant été écrits lors des ateliers d’écriture au musée. Pourriez-vous nous expliquer comment vous avez procédé ?

Je fais partie des auteurs qui ont suivi les deux ateliers d’écriture. Suite aux visites organisées avec Anne-Marie Afeiche, Georgia Makhlouf nous a fait des propositions d’écriture répondant à des genres différents (épitaphe, poésie, monologue théâtral, contes…). À la lecture de tous nos textes, elle a perçu qu’il y avait là matière à une composition commune, à la création d’un ensemble ; il y avait à trouver comme un chemin entre ces langues. Chacun des auteurs m’a alors communiqué un ou plusieurs de ses textes. Je les ai mélangés, parfois coupés, et j’ai mis en relief des phrases particulières, sans réécrire les originaux. J’ai emprunté au théâtre sa structure et j’ai mis nos mots dans la bouche de personnages : gardiens, statues, visiteuses, etc. J’ai imaginé une lecture qui se ferait en déambulation, qui commencerait au pied des grands escaliers extérieurs et qui se terminerait dans le sous-sol. Le texte est divisé en conversations qui fonctionnent un peu comme des tableaux.

Le Musée national n’est pas un lieu souvent ouvert à des manifestations culturelles publiques. Cet événement est-il un moyen de le revitaliser ? Qu’est-ce qui vous a donné envie d’y participer ?

La conservatrice du musée pense profondément que le musée est un espace ouvert à tous et qu’il faut qu’il vive, qu’il accueille des publics nouveaux, des activités innovantes. Le lieu s’associe parfois au Festival al-Bustan, dernièrement au projet « Mathaf chou hayda ». Pour la Nuit des musées, il y a eu un spectacle de son et lumière projeté sur la façade. Il me semble que ces projets différents sont certainement un moyen de modifier notre rapport à ce lieu, de le rendre plus « vivant » en quelque sorte. Notre lecture propose une visite autrement..

Je suis les ateliers de Georgia depuis une quinzaine d’année. Celui-ci me tentait car il proposait des visites avec Anne-Marie Afeiche, une femme généreuse et porteuse de belles histoires, et qu’il me permettait de porter un autre regard sur ce musée que je connais depuis mon adolescence. Ensuite, j’ai été séduite par la proposition de faire ce montage car j’avais envie de rêver, d’imaginer un vrai spectacle au cœur de ce lieu magique.

J’en rêve encore. En novembre 2011, j’ai assisté au Louvre à un travail théâtral en hommage à Le Clézio, et dans ma pratique théâtrale, j’aime investir des lieux qui ne sont pas des scènes de théâtre à proprement parler, mais plutôt des lieux publics ou privés qui créent une interaction autre avec les gens. Lors de nos répétitions pour la lecture par exemple, les visiteurs s’arrêtaient spontanément, venaient écouter une bribe, posaient des questions. Ce sont des moments qui donnent envie de se rassembler, de s’asseoir, de partager. C’est ce qui a porté et motivé l’ensemble des participants à ce projet…

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