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Sport - Football / Euro 2024

L’UEFA choisit l’Allemagne et la sécurité

La Turquie, dont « le dossier, aussi, était bon », selon Joachim Löw, se voit déboutée pour la quatrième fois et estime « désolant » de n’avoir pas obtenu l’organisation de la compétition.

« Je voudrais remercier le comité exécutif de l’UEFA pour sa confiance incroyable et j’en mesure la responsabilité », a déclaré Reinhard Grindel, président de la Fédération allemande de football (DFB), après que l’UEFA eut désigné l’Allemagne pour organiser l’Euro 2024. Fabrice Coffrini/AFP

L’UEFA a choisi la sécurité en confiant à l’Allemagne, hier, l’organisation de l’Euro 2024, au détriment de la Turquie qui échoue ainsi pour la quatrième fois.

L’Allemagne l’a emporté largement : sur les 17 membres du comité exécutif de l’UEFA autorisés à voter, 12 l’ont fait en faveur du dossier allemand et 4 pour la Turquie, un membre s’étant abstenu, a précisé l’organe dirigeant du football européen. Deux membres du gouvernement de l’instance ne pouvaient pas prendre part au scrutin, Reinhard Grindel, président de la fédération allemande, et le vice-président de la fédération turque, Servet Yardimci. Cette désignation s’est produite alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui dénonçait en 2017 les « pratiques nazies » du gouvernement allemand, entamait, hier à Berlin, une visite d’État censée réconcilier les deux pays.

La délégation allemande, à l’issue du vote à Nyon (Suisse), siège de l’UEFA, était tout à sa joie. « Nous voulons organiser une grande fête du football et montrer au monde à quel point notre pays peut être hospitalier », a réagi Philipp Lahm, ancien capitaine de la sélection allemande qui va prendre la tête du comité d’organisation. « Je voudrais remercier le comité exécutif de l’UEFA pour sa confiance incroyable et j’en mesure la responsabilité », a ajouté M. Grindel.

Dix stades déjà construits

L’Euro 2024 réunira 24 sélections pour 51 rencontres disputées dans dix stades déjà construits, dont l’Allianz Arena de Munich et le Stade olympique de Berlin. La dernière grande compétition organisée par l’Allemagne était le Mondial de football 2006. L’Allemagne de l’Ouest avait déjà organisé l’Euro en 1988, mais c’était avant la réunification avec l’Est.

Pour la Turquie, il s’agit de la quatrième candidature infructueuse, battue d’une seule voix en 2010 par la France pour l’organisation de l’Euro 2016. Hier, avant le vote, les deux candidatures ont effectué une ultime présentation devant le comité exécutif. Puis un résumé du rapport d’évaluation a été présenté au gouvernement de l’UEFA, présidé par le Slovène Aleksander Ceferin. Dans ce document de 42 pages, rendu public la semaine dernière, l’UEFA délivrait un satisfecit à la candidature allemande, saluant une vision basée sur l’idée que « le football peut unifier la société » et un dossier de « très haute qualité ».

Malgré tout, jusqu’au bout, les responsables de la candidature allemande, pourtant présentée comme favorite, ont été nerveux. La fédération allemande a notamment dû faire face à une polémique née trois semaines avant le Mondial russe et qui s’est prolongée après la Coupe du monde, et a débordé sur la scène politique et diplomatique. Les internationaux allemands Mesut Özil et Ilkay Gündogan, tous deux d’origine turque, avaient rencontré le président Erdogan en posant pour une photo avec lui. Les deux joueurs ont fait face à de nombreuses critiques et Özil a annoncé après le Mondial qu’il quittait la Mannschaft, s’estimant victime de « racisme et d’un manque de respect ». Mais cela semble avoir peu pesé dans un vote au résultat sans équivoque face à une candidature turque qui soulevait trop d’interrogations.

« Inquiétudes » sur les droits de l’homme

Si l’instance européenne jugeait dans son rapport d’évaluation que les objectifs de la candidature turque étaient « en adéquation avec les objectifs à long terme de l’UEFA », elle ne manquait cependant pas de soulever la question des droits de l’homme et de s’interroger sur la dégradation de la situation économique du pays. « L’absence d’un plan d’action dans le domaine des droits de l’homme soulève des inquiétudes », exposait ainsi l’UEFA, qui intégrait pour la première fois ce critère dans son évaluation.

Interrogé pour savoir ce qui avait fait la différence hier, le sélectionneur allemand Joachim Löw a répondu : « Je ne sais pas... Le dossier turc, aussi, était bon. » « Nous avons fait tout notre possible depuis des années et des mois pour avoir la chance d’organiser cet Euro. Nous avons vu l’enthousiasme du public lors du Mondial 2006 et nous ferons tout pour revoir la même chose », a-t-il ajouté devant la presse. La délégation turque ne s’est, elle, pas présentée devant les médias allemands. « C’est désolant pour l’UEFA et pour l’Euro 2024 que notre pays ne l’ait pas obtenu en dépit de toutes ses forces. Nous n’avons rien perdu en tant que pays. C’est l’Euro 2024 qui perd notre expertise et notre hospitalité », s’est désolé devant la presse de son pays le ministre turc des Sports, Muharrem Kasapoglu.

Avant l’édition 2024, le prochain Euro sera organisé en 2020 dans 12 pays. Le précédent, en 2016, qui s’est tenu en France, a été remporté par le Portugal.

Source : AFP

L’UEFA a choisi la sécurité en confiant à l’Allemagne, hier, l’organisation de l’Euro 2024, au détriment de la Turquie qui échoue ainsi pour la quatrième fois.L’Allemagne l’a emporté largement : sur les 17 membres du comité exécutif de l’UEFA autorisés à voter, 12 l’ont fait en faveur du dossier allemand et 4 pour la Turquie, un membre s’étant abstenu, a précisé l’organe dirigeant du football européen. Deux membres du gouvernement de l’instance ne pouvaient pas prendre part au scrutin, Reinhard Grindel, président de la fédération allemande, et le vice-président de la fédération turque, Servet Yardimci. Cette désignation s’est produite alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui dénonçait en 2017 les « pratiques nazies » du gouvernement allemand, entamait, hier à...
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