Le pape a reconnu hier à Tallinn, lors d’une visite en Estonie, que les scandales sexuels impliquant le clergé catholique étaient un repoussoir pour une jeunesse ne percevant pas une condamnation suffisamment forte de la part de l’Église. Les jeunes « sont indignés par les scandales sexuels et économiques, face auxquels ils ne voient pas une nette condamnation », a-t-il constaté devant la jeunesse chrétienne du pays conviée dans une église luthérienne. À une semaine d’un « synode » à Rome consacré aux problématiques de la jeunesse, le pape a noté sans fard que beaucoup de jeunes « trouvent la présence de l’Église pénible, voire irritante ». Pour François, l’Église doit rétablir le contact et mieux écouter une « génération de l’image et de l’action, plus que de la spéculation ». Dans ce contexte international chargé, le pape a cherché à rassurer hier la jeunesse chrétienne d’Estonie. « L’amour n’est pas mort », leur a-t-il dit, une parole contredisant une chanson populaire du pays.
La présidente de la catholique Lituanie Dalia Grybauskaite, qui a reçu le pape dans son pays samedi et dimanche, s’est posée en alliée du pape. « J’ai vu un leader qui a une immense responsabilité sur ses épaules », notamment pour « les erreurs passées » de l’Église qui doivent « être corrigées », a-t-elle déclaré hier dans un entretien radiophonique, faisant allusion au dossier explosif des abus sexuels du clergé. « Cela ne fait pas peur au pape », a-t-elle souligné.


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