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Moyen Orient et Monde

Qui sont les séparatistes arabes du Khouzestan ?

Repères
24/09/2018

Qui sont les séparatistes arabes montrés du doigt par Téhéran et accusés d’être derrière l’attentat ayant frappé samedi un défilé militaire dans la ville d’Ahvaz, capitale de la province du Khouzestan ?

Un commando de quatre hommes a ouvert le feu samedi sur la foule et les militaires rassemblés pour la Journée nationale des forces armées, qui marque chaque année l’anniversaire du déclenchement de la guerre Irak-Iran entre 1980 et 1988. Le dernier bilan de l’attaque fait état de vingt-quatre morts, et les assaillants ont été abattus.

Le groupe État islamique a affirmé via son agence de presse être derrière l’attaque. Mais Téhéran a accusé les séparatistes arabes d’être à l’origine de la tragédie. La République islamique en veut pour preuve une autre revendication, au nom du groupe séparatiste du Front populaire démocratique ahvazi (FPDA), qui a été retransmise samedi sur une chaîne satellitaire, Iran International, basée à Londres. Mais ce groupe a ensuite démenti être derrière l’attentat via son site et a notamment accusé les autorités de Téhéran d’avoir commandité cette attaque pour détourner l’attention du soutien qu’elles apportent « à des milices dans la région ».

l Frontalière de l’Irak, la région du Khouzestan abrite les plus importantes réserves de pétrole de l’Iran et possède un accès direct au golfe Persique, ce qui en fait une place forte du point de vue économique et stratégique. Elle est composée majoritairement d’Iraniens arabophones chiites (sa partie occidentale était jadis appelée Arabistan), et c’est cette caractéristique qui est choisie par l’ex-dictateur irakien Saddam Hussein comme prétexte pour intervenir militairement en 1980 contre une République islamique encore naissante. Celle-ci s’est ainsi vite transformée en véritable champ de bataille durant la guerre entre les deux voisins et n’a pas pu, une fois le conflit terminé, profiter de ses ressources pétrolières pour se reconstruire autant qu’elle l’aurait souhaité, l’Iran ayant choisi en priorité de réparer les dégâts de la guerre dans le reste du pays.

l Selon des informations provenant de son site, le FPDA se décrit comme « une organisation nationaliste luttant pour recouvrer les droits du peuple arabe d’Ahvaz sur la base des lois et normes internationales, notamment en ce qui concerne les droits des peuples sous domination coloniale et étrangère, à l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance ». Parmi les revendications prioritaires du FPDA figure le droit à l’autodétermination, à la justice, à un mode de vie démocratique avec, d’une part, une politique d’éducation populaire et, d’autre part, des actes en faveur des droits des femmes. Ce groupuscule est basé à Londres et aurait bénéficié, selon Téhéran, d’une aide de la part du gouvernement britannique pour l’implantation sur son sol.

l Mais le FPDA n’est pas la seule faction séparatiste présente dans le Khouzestan. Le Mouvement arabe de lutte pour Ahvaz, le Mouvement national de libération d’Ahvaz, le Mouvement démocratique et patriotique arabe d’Ahvaz ou encore le Groupe armé de la renaissance d’Ahvaz sont autant de groupuscules qui se réclament de la mouvance séparatiste arabe iranienne. Leur nombre exact est cependant difficile à déterminer, mais « la seule certitude, c’est qu’ils jouissent d’un soutien financier et logistique en provenance du monde arabe, notamment et surtout en provenance de Riyad, dont les rapports avec Téhéran se sont particulièrement tendus au cours de ces dernières années », explique Vincent Effling, docteur en relations internationales et spécialiste de l’Iran, dans un article publié samedi sur le blog Chroniques persanes.

l Ces groupuscules ont également, à de nombreuses reprises, procédé à des attentats, des sabotages et même des prises d’otages. La plus célèbre d’entre elles ayant été menée lors de l’opération « Nimrod » en avril-mai 1980 où six hommes armés ont pénétré à l‘intérieur de l’ambassade d’Iran au Royaume-Uni et y ont retenu vingt-six personnes. Les preneurs d’otages ont été identifiés comme des membres du Front démocratique révolutionnaire pour la libération de l’Arabistan, qui milite pour l’établissement d’un État arabe autonome dans la région pétrolifère. En 2005 et 2006, plusieurs attentats et plusieurs actes de sabotage contre des pipe-lines et des infrastructures pétrolières iraniennes ont également été enregistrés par les autorités du pays, provenant de plusieurs de ces groupuscules.

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