Enis Berberoglu, député du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate). Photo d'archives AFP
La Cour de cassation de Turquie a ordonné jeudi la libération d'un député de l'opposition qui avait été condamné à près de six ans de prison en février, ont rapporté les médias. Tout en confirmant cette peine, la Cour a décidé de libérer Enis Berberoglu, député du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), selon l'agence étatique Anadolu, en faisant valoir qu'il jouissait de l'immunité parlementaire, ayant été réélu lors des élections générales de juin. Cela implique qu'il devra purger sa peine à l'issue de son mandat.
M. Berberoglu avait été condamné en février à cinq ans et 10 mois de prison pour avoir transmis à la presse une vidéo prouvant, selon lui, qu'Ankara avait livré des armes à des combattants en Syrie. Il avait été reconnu coupable de "divulgation de données devant rester confidentielles pour la sûreté (...) de l'Etat", selon Anadolu.
Les autorités lui reprochent d'avoir envoyé au journal d'opposition Cumhuriyet une vidéo qui, selon lui, montrait l'interception, en janvier 2014, de camions appartenant aux services secrets turcs (MIT) et transportant des armes destinées à des combattants présentés comme islamistes en Syrie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait laissé éclater sa colère après la publication par Cumhuriyet, en 2015, de cet article.
Ex-journaliste, M. Berberoglu avait été condamné en juin 2017 à 25 ans de prison pour "espionnage", une décision de justice qui avait ensuite été annulée en octobre, ouvrant la voie à un nouveau procès qui s'est achevé en mars 2018. Sa condamnation initiale à 25 ans de prison avait provoqué le plus vaste mouvement de protestation contre le président Erdogan de ces dernières années, des milliers de personnes marchant à l'appel du CHP d'Ankara à Istanbul pour réclamer "plus de justice".
Le rédacteur en chef de Cumhuriyet à l'époque de la publication de l'article mis en cause, Can Dündar, s'est réfugié en Allemagne après avoir été condamné à cinq ans et 10 mois de prison en première instance, en 2016, dans cette affaire désormais connue en Turquie sous le nom d'"affaire des camions du MIT".


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine