La crise sanitaire à Bassora, ville du sud irakien, a fait une victime inattendue: une équipe de football de Bagdad qui, avec 10 joueurs sur le flanc, a dû demander lundi le report de son premier match de la saison. L'équipe avait quitté la capitale pour Bassora, à 600 km de là, pour y affronter le club local d'al-Naft al-Janoub. Mais une fois dans la ville côtière, dix de ses joueurs ont dû déclarer forfait, victime d'intoxications qui ont déjà mené depuis la mi-août 60.000 personnes à l'hôpital selon de Conseil provincial des droits de l'Homme.
Conscient de la crise sanitaire sans précédent créée par la pollution de l'eau, le club de la capitale avait pris ses précautions, a assuré à l'AFP le directeur administratif d'al-Hussein, Fadhel Zaghir. "Nous avions emporté de Bagdad une grande quantité d'eau minérale mais il semblerait que l'eau utilisée par les joueurs pour se laver et nettoyer leurs habits ait été polluée", a-t-il expliqué. "Avec dix joueurs et deux membres de l'encadrement ayant passé la nuit à l'hôpital", al-Hussein a négocié "avec la direction d'al-Naft al-Janoub un report du match, après avoir eu l'accord de la Fédération irakienne de football".
Aucune nouvelle date n'a été fixée alors que l'équipe, toujours à Bassora, assure que ses joueurs ne sont pas en état de reprendre la route pour Bagdad.
La pollution de l'eau distribuée par les réseaux publics, dans les maisons et les hôtels de différents quartiers de Bassora, a relancé il y a une dizaine de jours un mouvement de contestation sociale. Des manifestations ont, durant plusieurs nuits, mis la ville à feu et à sang. Douze manifestants ont été tués et la plupart des institutions de la cité de trois millions d'habitants réduites en cendres. Cette crise a pris fin avec un coup de théâtre politique à Bagdad, au détriment du Premier ministre sortant.


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