Saad Hariri a présidé hier la réunion de son groupe parlementaire à la Maison du centre. Photo Dalati et Nohra
« Je pense qu’il y a une ébauche de solution. » C’est ainsi que le Premier ministre désigné Saad Hariri a répondu hier à une question sur la persistance des nœuds qui entravent toujours la formation du nouveau cabinet. M. Hariri a tenu des propos en ce sens dans le cadre d’une discussion avec des journalistes avant la réunion hebdomadaire du bloc parlementaire du courant du Futur à la Maison du centre.
« Il est temps de mener le navire à bon port. La formation du cabinet ne doit pas constituer un défi posé par certaines parties contre d’autres. Il faut se focaliser ensemble sur le défi posé par la situation économique, sociale et environnementale, ainsi que par les événements régionaux. L’essentiel est là. La répartition des portefeuilles est un détail », a indiqué M. Hariri.
« Une formule de gouvernement a été proposée. Elle a peut-être besoin de certains amendements, et nous allons poursuivre les concertations avec toutes les parties », a-t-il ajouté, affirmant que ces dernières reprendront avec le retour du président de la République Michel Aoun de sa tournée à l’étranger.
Interrogé sur le Tribunal spécial pour le Liban et sa position exprimée mardi à La Haye, M. Hariri a estimé que « celui qui a tué Rafic Hariri en paiera le prix tôt ou tard ». « Il y a des divergences de points de vue et une rupture, a-t-il souligné. Que devons-nous faire ? Détruire le pays ou le préserver ? Certains veulent y semer le chaos, et d’autres le réformer et en assurer la stabilité. Je fais partie de ceux qui souhaitent œuvrer pour la stabilité. Le seul fait de savoir la vérité est la porte d’entrée vers la justice », a-t-il ajouté en soulignant le « grand professionnalisme » dont a fait preuve le TSL.
Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion, le bloc du Futur a d’ailleurs exprimé son soutien à la position de M. Hariri à La Haye, « empreinte de sagesse et responsable, à la hauteur des efforts qu’il déploie pour protéger le Liban des tourbillons de discordes et de guerres qui ravagent la région ». « Saad Hariri s’est exprimé dans un langage qui s’élève au-dessus du sentiment de vengeance et place la justice sur la bonne voie pour découvrir l’identité des criminels et mettre fin à la série de crimes qui ont frappé durant de nombreuses décennies les présidents, chefs et symboles nationaux et intellectuels, sans que les enquêtes locales n’en débusquent les auteurs et leurs complices », ajoute le texte.
Le bloc a par ailleurs déploré « le niveau des polémiques et les tentatives de falsifier les faits et de détourner les regards des efforts sincères et requis déployés pour la formation du cabinet », estimant que cela « contribue à crisper les esprits et à torpiller le climat d’accalmie généré par le compromis politique » qui a débouché sur l’élection présidentielle en octobre 2016.
Le courant du Futur a appelé dans ce cadre, et en vertu des nombreux et divers dangers qui guettent le pays, à « des initiatives courageuses et des concessions sur les revendications pour former le gouvernement au plus vite et mettre en place les réformes souhaitées par les Libanais et attendues par nos amis au sein de la communauté internationale et arabe ».
Et d’ajouter : « Persister à poser des critères et avancer des revendications réciproques n’ouvrira pas la voie à la formation d’un gouvernement équilibré. D’autant que la Constitution est claire concernant les mécanismes de formation du cabinet et de publication des décrets. Elle ne fait aucunement état de présence de critères politiques et de calculs mathématiques. La formation de gouvernements d’union nationale au Liban se fonde sur le critère de l’intérêt public, de la concertation, de la participation et des obligations liées à la nécessité de la dynamisation du cycle de l’action gouvernementale », ajoute le communiqué.
« C’est pourquoi le bloc souligne que la mouture soumise par le Premier ministre désigné au chef de l’État est équilibrée et constitue une base pour le dialogue et la concertation en vue de la mouture finale. Les portes du Premier ministre désigné seront, à la lumière de cela, ouvertes à tous les points de vue et les propositions émanant des parties politiques concernées. Sinon, ce sera le cercle vicieux, et tous les chefs de file assumeront la responsabilité du vide et de ses répercussions négatives sur la stabilité économique et sociale », note le texte.
Le bloc du Futur a par ailleurs salué le discours du président de la République devant le Parlement européen à Strasbourg et déploré les « permutations administratives en cours (…) qui prennent l’allure d’un règlement de comptes politiques, le seul tort des fonctionnaires concernés étant d’appartenir à tel ou tel parti ». « Ce comportement scandaleux dans l’approche du champ administratif ramène l’administration libanaise à l’ère des tiraillements sectaires sur les postes à pourvoir et à la période de l’exclusion administrative entre les parties prenantes à la guerre civile », a souligné le bloc en appelant les parties à faire marche arrière et « revenir sur ces mesures punitives qui ne font pas honneur à leurs auteurs et qui contreviennent aux règles les plus élémentaires de l’action administrative ».


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