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Navigateur français détenu au Yémen : "ne l'oubliez pas!, lance sa famille

AFP
11/09/2018

La famille d'un navigateur français retenu par les rebelles houthis au Yémen se dit "très inquiète" de son état de santé et en appelle aux autorités françaises, redoutant qu'il ne soit oublié dans le conflit qui secoue ce pays.

"Ne l'oubliez pas ! C'est un message au gouvernement, à l'autorité qui a la responsabilité et qui peut agir", a déclaré Christine Goma, soeur d'Alain Goma, mardi à l'AFP, déplorant recevoir très peu d'informations du Quai d'Orsay.

Le navigateur, un ancien agent commercial originaire de Béziers (Hérault, sud), a été arrêté le 3 juin alors qu'il rejoignait le port d'Hodeida, cible d'une offensive militaire dans l'ouest du Yémen, à bord de son voilier, le "Jehol 2", pour se réapprovisionner en eau.

Il est depuis détenu par les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, qui contrôlent Hodeida ainsi que la capitale Sanaa, où il a été transféré.

La famille comptait beaucoup sur les pourparlers de paix prévus le 6 septembre à Genève, qui devaient réunir le gouvernement yéménite, soutenu par une coalition militaire conduite par l'Arabie saoudite, et les rebelles, mais ont échoué samedi sans avoir jamais commencé.

"On attendait beaucoup de la conférence de Genève" pour débloquer la situation, a relevé Christine Goma. "Cela devient lourd. Il faut faire bouger les lignes", dit-elle.

Alain Goma, qui est détenu dans une prison de Sanaa, a pu joindre deux fois sa famille par téléphone, le 8 août et le 4 septembre, et a reçu en juillet la visite de l'ambassadeur de France, a précisé sa soeur.

"La première fois, il était paniqué, ne savait rien de la situation au Yémen. Je lui ai dit de tenir jusqu'à la conférence", a-t-elle expliqué.

La dernière fois, "son état n'était pas bon moralement", poursuit-elle. Il a aussi été traité pour de l'hypertension après s'etre plaint d'une "attaque au coeur", dit-elle. "Il a un petite cellule, peut sortir dans un extérieur grillagé mais il n'a pas de papier, juste un stylo, avec lequel il écrit sur les murs", ajoute-t-elle.

Après la prise du pouvoir par les rebelles à Sanaa en janvier 2015 suivie de la fuite du président Abd Rabbo Mansour Hadi de la capitale, une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite est intervenue en mars 2015 pour venir en aide au gouvernement.

La guerre a fait depuis quelque 10.000 morts, en majorité des civils, et provoqué la pire crise humanitaire du monde, selon l'ONU.

Après l'échec samedi du processus de Genève sous l'égide de l'ONU, le chef des rebelles a lancé un appel à la "résistance", laissant craindre une escalade.

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