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Syrie : l'assaut sur Idleb, refuge de milliers de jhadistes, menaçerait la sécurité de l'Europe, selon un ministre français

AFP
11/09/2018

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a averti mardi qu'un assaut du régime syrien sur la province d'Idleb aurait des conséquences directes pour la sécurité en Europe en raison du risque de dispersion des milliers de jihadistes concentrés dans cette zone.

"Il y a un risque sécuritaire dans la mesure où dans cette zone se trouvent beaucoup de jihadistes, se réclamant plutôt d'el-Qaëda, qui sont entre 10.000 et 15.000 et qui sont des risques pour demain pour notre sécurité", a-t-il dit sur la chaîne BFMTV, évaluant à "quelques dizaines" le nombre de combattants français parmi eux.

"(Ils) risquent de se trouver dispersés si l'offensive syrienne et russe se mettait en oeuvre dans les conditions que l'on imagine aujourd'hui", a relevé le chef de la diplomatie française.

Evoquant aussi le risque de catastrophe humanitaire dans cette zone où se concentrent trois millions de personnes, il a averti que le précédent d'Alep, autre bastion rebelle repris par le régime en décembre 2016, ne serait "rien par rapport à l'horreur que cela peut représenter".

Le Conseil de sécurité se réunit mardi pour discuter une nouvelle fois de la province syrienne d'Idleb, où l'ONU craint "la pire catastrophe humanitaire" du siècle, si le régime de Damas attaque l'ultime grand bastion insurgé.

Jean-Yves Le Drian s'est aussi inquiété d'un risque d'attaques chimiques à Idleb et a réitéré la "ligne rouge" française et la menace de nouvelles frappes contre le régime si un recours à des armes chimiques létales était avéré.

"Il apparaît qu'il y a une espèce de préparation psychologique par certains intervenants russes d'une utilisation de l'arme chimique, qu'ils mettraient sur le compte de groupes terroristes", a-t-il lancé.

La Russie a réaffirmé mardi que les rebelles syriens préparaient la mise en scène d'une fausse attaque chimique qui serait ensuite attribuée au régime près d'Idleb.

Le ministre français a aussi mis en garde la Russie, jugeant qu'elle avait plus à perdre qu'à gagner d'une offensive.

"Si la Russie prend le risque de renoncer à ses engagements de stabilisation de la zone d'Idleb, elle prend le risque aussi de se trouver totalement seule après un désastre dont il lui reviendra toutes les conséquences", a-t-il lancé.

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