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Corruption à Rome: lourdes peines en appel pour les deux principaux accusés

AFP
11/09/2018

La Cour d'appel de Rome a infligé mardi de lourdes peines aux deux principaux responsables de "Mafia capitale", un vaste réseau criminel qui avait infiltré la municipalité de Rome, tout en réduisant celles prononcées en premières instance.

Massimo Carminati, personnage trouble au passé d'extrême droite, a vu sa peine réduite de 20 ans de réclusion à 14 ans et demi, tandis que son ex-bras droit, Salvatore Buzzi, a vu la sienne passer de 19 ans à 18 ans et 4 mois de réclusion.

Quarante-six personnes étaient poursuivies dans le cadre de ce procès, ouvert il y a près de trois ans et qui a nécessité environ 230 audiences avant de parvenir à un verdict en première instance, en juillet 2017.

Le procès a révélé l'étendue de la corruption ayant gangrené la capitale italienne, mais le tribunal de première instance n'avait pas toutefois jugé qu'elle était le fait d'un réseau mafieux, en dépit du surnom, "Mafia capitale", rapidement donné par la presse à ce scandale.

La Cour d'appel a en revanche retenu la criconstance aggravante de l'association mafieuse ou de concours externe à une association mafieuse pour 18 accusés, dont Massimo Carminati et Salvatore Buzzi.

Il faudra attendre les attendus de la Cour d'appel, normalement dans un délai maximum de trois mois, pour savoir pourquoi elle réduit les peines prononcées en premières instance tout en retenant l'aggravantion de l'association mafieuse.

Me Alessandro Diddi, avocat de Salvatore Buzzi, a relevé ce fait, soulignant que le collège des magistrats "a reconnu l'association mafieuse mais a réduit les sanctions appliquées en première instance".

"Ce verdict représente pour moi une surprise (...) Dans ce pays, la magistrature s'occupe de tout et se donne comme devoir de moraliser le pays", a commenté Me Bruno Giosue, l'un des avocats de Massimo Carminati.

M. Carminati, 60 ans, borgne depuis un échange de tirs avec la police, avait déjà été condamné dans les années 1980 pour appartenance à un groupe criminel de la capitale.

Il était jugé depuis novembre 2015 pour extorsion, corruption et détournement de fonds publics dans le cadre d'un vaste réseau opérant grâce à la complicité d'entrepreneurs véreux et d'hommes politiques peu scrupuleux de tous bords.

Son bras droit, Salvatore Buzzi, patron d'une coopérative travaillant pour la municipalité de Rome, agissait en tant que médiateur entre le monde politique et celui plus obscur géré par Carminati.

Buzzi, incarcéré depuis son arrestation en décembre 2014 tout comme Carminati, avait déjà été condamné à 30 ans de prison pour l'assassinat brutal d'un complice l'ayant aidé à écouler des chèques volés, mais il avait été libéré pour bonne conduite au bout de six ans.

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