Nos Lecteurs ont la Parole

Le chaos à l’aéroport de Beyrouth n’est pas une fatalité

Élie HANNA
OLJ
11/09/2018

Les usagers ne peuvent pas juger du niveau de l’organisation de l’aéroport de Beyrouth pour ce qui se déroule dans les coulisses.

Cependant, pour ce qui est visible, je pense que quelques mesures organisationnelles pourraient suffire à résoudre le problème des goulots d’étranglement, qui se trouvent essentiellement à l’arrivée et au départ, près des guichets de la Sûreté générale (SG).

Au débarquement des voyageurs à Beyrouth, la saisie manuelle des entrées sur les ordinateurs de la SG est responsable du temps d’attente, qui a atteint à mon arrivée, en août dernier, deux heures. En lieu et place de cette procédure, le voyageur devrait remplir cette fameuse fiche blanche par internet, bien avant de prendre l’avion. Ainsi, la SG aurait le temps de vérifier en amont les identités des voyageurs avant leur arrivée. Ceux qui omettraient cette démarche seraient retardés par les agents de la SG. Le Canada exige des ressortissants des pays qui n’ont pas besoin de visa pour entrer chez eux de remplir un document équivalent.

Concernant les voyageurs en partance de Beyrouth, il me semble qu’il suffirait que les agents de la SG vérifient l’existence du tampon « Arrivée » pour tamponner « Départ », sans saisir en temps réel la fiche rouge pour ne pas retarder le voyageur. Les rares personnes étrangères qui sortent pour la première fois du Liban attendraient au guichet la saisie de la fiche avant de recueillir le tampon « Départ ».

Venons-en au premier contrôle des bagages. À droite et à gauche de l’immense hall d’entrée, incroyablement surdimensionné, il y a seulement deux fois deux scanners. Alors qu’il y a amplement la place de doubler à quatre fois quatre le nombre des machines, afin de réduire le temps d’attente, actuellement de 30 minutes par grande affluence, à 15 minutes maximum.

Agrandir le bâtiment actuel de l’aéroport n’est pas prioritaire à mon avis. L’aéroport de Genève n’est pas plus vaste que celui de Beyrouth, et il permet à 16,5 millions de voyageurs par an de l’emprunter sans difficulté. D’autant plus qu’il ferme de minuit jusqu’à 06h du matin.

Je termine avec une anecdote qui m’est arrivée en 1991. À la fin de la guerre, nos compatriotes immigrés rentraient au pays en masse, avec des bagages immenses et lourds, qui contenaient de nombreux cadeaux. Alors que je me présentais à la douane avec une seule valise de 14 kilos, le douanier l’avait soulevée avant de me reprocher, gentiment, de ne pas avoir rapporté de cadeaux à ma famille. « Néchfeh shanntaq ya istaz », m’avait-il dit, c’est-à-dire : « Votre bagage est sec monsieur. » Lui et moi avions éclaté de rire.

Aujourd’hui, plus rien ne fait rire à l’aéroport de Beyrouth.

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