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Assistants d'eurodéputés FN: première inculpation pour complicité de détournements de fonds publics

AFP
06/09/2018

Charles Van Houtte, décrit comme un personnage-clé au Parlement européen du parti français d'extrême droite RN (ex-FN), a été inculpé mercredi de "complicité de détournements de fonds publics", une première dans l'enquête sur les assistants d'eurodéputés de la formation, a appris jeudi l'AFP par son avocat.

Les juges enquêtent sur un possible "système" pour rémunérer comme assistants d'eurodéputés, avec des fonds de l'Union européenne, des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti.

"Si mon client a été mis en examen (inculpé, ndlr) pour complicité de détournements de fonds publics, il semble assez logique que toutes les autres personnes déjà mises en examen le soient aussi pour ce délit", a déclaré à l'AFP Henri Laquay, l'avocat belge qui a assisté Charles Van Houtte lors de son audition devant la juge d'instruction parisienne Claire Thépaut, révélée par RTL Belgique.

Jusqu'à début juillet, quatorze autres inculpations avaient déjà été ordonnées par les magistrats financiers Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke, cosaisis depuis décembre 2016 d'une information judiciaire ouverte pour "abus de confiance" et d'"escroquerie en bande organisée".

Outre le Front national (FN) devenu Rassemblement national (RN), sa présidente Marine Le Pen, son compagnon Louis Aliot et Nicolas Bay, dont le nom circule pour conduire la liste du RN aux élections européennes de 2019, sont poursuivis pour "abus de confiance" ou "complicité" de ce délit punissable d'une peine de 3 ans de prison et de 375.000 d'euros d'amende.

Charles Van Houtte est le premier protagoniste à être inculpé pour "complicité de détournements de fonds publics", un délit plus grave, punissable d'un million d'euros d'amende et 10 ans de prison.

L'enquête cible 17 députés et les contrats d'une quarantaine de collaborateurs pour un préjudice évalué par le Parlement européen à 6,8 millions d'euros entre 2009 et 2017, sur deux mandatures.

Ancienne cheville ouvrière de la gestion de ces contrats d'assistants, désormais en rupture avec le parti, Charles Van Houtte avait livré à la police en septembre 2017 un témoignage embarrassant pour la défense du Rassemblement national, affirmant avoir reçu des "instructions" de Marine Le Pen et confirmant l'existence de contrats fictifs, que contestent les dirigeants frontistes.

Il avait ainsi indiqué que Thierry Légier "était garde du corps de la famille Le Pen et non pas assistant parlementaire", selon son audition dont a eu connaissance l'AFP.

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