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Crise en Irak: Sadr exige du gouvernement des solutions "radicales et immédiates"

AFP
06/09/2018

Le leader chiite Moqtada Sadr, vainqueur des législatives en Irak, a appelé jeudi le Parlement à exiger au gouvernement des "solutions radicales et immédiates" à la crise sanitaire qui a relancé la grogne sociale à Bassora où sept manifestants ont été tués depuis mardi. Les manifestants dénoncent la corruption au sein de la classe politique et l'incapacité de l'Etat à assurer les services de base dans cette région, la plus riche en pétrole d'Irak et la seule ayant un accès sur la mer.

Moqtada Sadr, ancien chef de milice devenu héraut des manifestations anti-corruption, a appelé le Parlement, paralysé par les divisions, à tenir "une séance extraordinaire" au "plus tard dimanche". Lors de son adresse télévisée, le populiste qui revendique régulièrement l'indépendance politique de l'Irak a prévenu: "nous serons intransigeants et vous êtes désormais prévenus, soyez prêts".

La première réunion du Parlement élu en mai a été ajournée, peu après son ouverture lundi, au 15 septembre, afin de laisser le temps aux différents blocs de s'accorder sur des alliances et d'élire le président de l'Assemblée.

Moqtada Sadr a réclamé la présence, à la "séance extraordinaire" du Parlement, du "Premier ministre, des ministres de l'Intérieur, de la Santé, de l'Habitat, des Ressources hydrauliques et de l'Electricité", ainsi que plusieurs responsables de la province méridionale de Bassora. Ces responsables, a-t-il menacé, devront présenter "des solutions radicales et immédiates" pour mettre fin à la crise sanitaire qui a conduit 30.000 personnes à l'hôpital et à la grogne sociale qui a fait sept morts parmi les manifestants depuis mardi dans la ville pétrolière. S'ils ne le font pas, "qu'ils quittent tous leur poste". D'ici là, a-t-il poursuivi, "nous appelons à des manifestations de colère pacifiques à Bassora". Le début de ce mouvement sera "annoncé bientôt", a-t-il ajouté, alors que la province est en proie depuis plusieurs jours à des manifestations qui ont dégénéré en plusieurs endroits.

Le siège du gouvernorat a été en partie incendié par les manifestants qui dénoncent des dirigeants corrompus et l'incapacité de l'Etat à assurer les services de base dans cette région, la plus riche en pétrole d'Irak et la seule ayant un accès sur la mer.

Au moins 22 personnes ont été tuées depuis le début le 8 juillet à Bassora de manifestations qui ont gagné le sud de l'Irak. Les protestataires dénoncent pêle-mêle les services publics déficients, la pénurie chronique d'électricité et d'eau, le chômage endémique, mais aussi l'impéritie de l'Etat et des hommes politiques.

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