X

Sport

L’incroyable retour du « Tigre »

Golf / Ryder Cup
OLJ
06/09/2018 | 00h00

Après des années d’errance, enfin la renaissance… Plombé pendant trois ans par des pépins physiques, arrêté par la police en 2017, Tiger Woods a réussi à signer l’un des plus improbables come-back de l’histoire en arrachant sa sélection pour la Ryder Cup.

Qui aurait misé sur ce scénario il y a huit mois ? En janvier dernier, au moment du retour du « Tigre » sur les greens, même les plus enthousiastes ne cachaient pas leurs doutes. Les avis à l’époque étaient quasi unanimes : l’ancien n° 1 mondial, légende de sa discipline, partait de trop loin. Woods (42 ans) était alors 656e mondial et n’avait pas joué en compétition de manière crédible depuis trois ans. Le fossé avec les meilleurs semblait trop grand. Sa présence comme joueur au Golf de Saint Quentin en Yvelines, où vont s’affronter l’Europe et les États-Unis, lors de la Ryder Cup fin septembre ? Un doux rêve auquel seuls quelques rares fans s’accrochent.

Et pourtant, en quelques mois, Woods a réussi ce que beaucoup pensaient impossible. Pendant des semaines, sa progression est constante. Il pointe de façon de plus en plus régulière le bout de son drive tout près des podiums jusqu’au British Open en juillet, où la planète golf se remet à frissonner. Il mène le British à 9 trous de la fin, mais vacille et ne parvient qu’à terminer 6e. Quelques jours plus tard, début août, l’hystérie repart. Il lutte pour la victoire jusqu’au bout, mais échoue à deux coups de Brooks Koepka au PGA Championship. L’opinion s’inverse alors : impensable il y a des mois, sa présence au sein de la Team USA fin septembre ne fait plus guère de doute. Un exploit de plus pour Woods, un athlète décidément à part, taillé pour écrire sa légende.

Il est celui qui a fait changer à lui seul le golf de dimension. L’un de ces très rares sportifs, à l’image de Roger Federer en tennis, qui incarnent à eux seuls leur discipline, avec une aura dépassant le cadre du monde feutré du golf, aux greens impeccables, à l’aspérité proscrite.

Quand il débarque sur la planète golf au milieu des années 1990, il suscite dès le début un intérêt hors norme. Jeune, métissé (né d’un père noir et d’une mère asiatique) – incongruité dans un monde à la couleur quasi uniforme –, il apporte un vent nouveau dans le golf. Son jeu, plus agressif, son approche physique d’une discipline encore réticente aux salles de gym, sa fougue qu’il n’hésite pas à exprimer... Un cocktail qui, d’emblée, électrise et fascine le monde du golf. Et, surtout, il gagne. Dès le début. Et presque tout. Entre 1996 et 2008, il domine outrageusement son sport, empoche 14 titres du grand chelem, ce qui le laisse à quatre longueurs d’une autre légende du golf, Jack Nicklaus, soulève 106 trophées et fait passer le golf sur une autre planète. La sienne. Puis la machine s’enraye. En 2009, la révélation de ses nombreuses liaisons désarçonne celui que l’on croyait à l’époque inébranlable. Il se sépare de sa femme, le mannequin suédois Elin Nordegren, avec qui il a eu deux enfants.

Contraint par ses sponsors de faire des excuses publiques, son image s’effrite sérieusement. Sa carrière connaît un premier coup d’arrêt. Il chute, mais ne renonce pas. Il va mettre quatre ans à retrouver le fauteuil de n° 1 mondial et, en 2013, parvient à redevenir le sportif le mieux payé au monde selon le magazine économique Forbes. C’est alors son physique qui l’abandonne. Touché au dos, il est opéré plusieurs fois en 2014 mais ne parvient pas à s’en remettre. Son swing se délite, son mental vacille et il réalimente la rubrique faits divers en se faisant arrêter sous l’emprise d’un cocktail de médicaments et d’antidépresseurs. Pourtant, le monde du golf ne le lâchera jamais.

Paradoxalement, cette descente aux enfers coïncide avec le début de sa renaissance. Il refoule finalement les greens en janvier 2018. Et, huit mois plus tard, il pointe au 26e rang mondial et obtient le droit de jouer au sein de l’équipe américaine de la Ryder Cup. Il ne lui reste plus qu’à gagner un nouveau tournoi du grand chelem pour parachever une œuvre à laquelle il était, peut-être, le seul à y croire il y a encore quelques mois.

Source : AFP

À la une

Retour à la page "Sport"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Un peu plus de Médéa AZOURI

Le franbanais

Citoyen grognon de Anne-Marie El-HAGE

Assez ! Khalass ! Enough !

Décryptage de Scarlett HADDAD

Médiation gouvernementale : le « Bassil nouveau » est arrivé !

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué