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Nouveaux tirs sur les manifestants à Bassora

Irak

Ni l'appel au "calme" de l'ONU, ni l'annonce de mesures pour mettre fin à la crise sanitaire qui frappe cette région pétrolière n'ont apaisé la colère sociale, déclenchée il y a deux mois.

OLJ/AFP
05/09/2018

Les forces de l'ordre irakiennes ont tiré à nouveau mercredi pour tenter de disperser une nouvelle manifestation à Bassora, ville du sud de l'Irak théâtre la veille de la mort de six manifestants, a constaté un correspondant de l'AFP. En fin d'après-midi, quelques milliers de manifestants se pressaient devant le siège du gouvernorat dans le centre de la ville pétrolière, face aux forces de l'ordre qui tiraient à balles réelles et faisaient usage de grenades lacrymogènes, selon la même source. Malgré ces tirs, policiers et soldats, déployés aux abords du bâtiment, ne parvenaient pas à endiguer les vagues de manifestants qui répondaient avec des jets de cocktail Molotov et de bâtons de feux d'artifice.

Ni l'appel au "calme" de l'ONU dans la matinée, ni l'annonce par les autorités centrales à Bagdad de mesures pour mettre fin à la crise sanitaire qui frappe cette région pétrolière n'ont apaisé la colère sociale, déclenchée il y a deux mois. La province de Bassora est en proie depuis mi-août à une crise sanitaire, la pollution de l'eau ayant conduit plus de 20.000 personnes à l'hôpital.

Après une matinée sans incident, quelques milliers de manifestants mettaient de nouveau à bas les blocs de béton remis en place plus tôt mercredi par les forces de l'ordre devant le siège du gouvernorat, a rapporté le correspondant de l'AFP. Au moins un manifestant a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène, avant d'être évacué à bord d'une ambulance.

Le matin, le représentant de l'ONU en Irak, Jan Kubis, avait exhorté "les autorités à éviter de recourir à une force létale disproportionnée".


(Lire aussi : Troubles près d’infrastructures stratégiques à Bassora)


Six manifestants tués
Le siège du gouvernorat est depuis plusieurs jours le principal point de ralliement des manifestants qui conspuent l'Etat et ses dirigeants à Bassora, d'où est parti le 8 juillet un mouvement réclamant des services publics et des infrastructures plus performants avant de gagner l'ensemble du sud du pays.

C'est devant ce bâtiment que mardi soir, "six manifestants ont été tués et plus de 20 blessés", selon Mehdi al-Tamimi, chef du Conseil provincial des droits de l'Homme. Des sources médicales ont confirmé ce bilan à l'AFP. M. Tamimi a accusé les forces de l'ordre d'avoir "ouvert le feu directement sur les manifestants".

Lors d'une conférence de presse, le général Jamil al-Chommari, en charge des opérations à Bassora, a fait état de "30 membres des forces de l'ordre blessés par des jets de grenades et d'objets incendiaires" durant la nuit. Il a indiqué qu'un couvre-feu nocturne avait été imposé et des renforts déployés.

Avant l'annonce des six morts, le Premier ministre Haider al-Abadi avait affirmé avoir ordonné qu'"aucune balle réelle ne soit tirée". Le leader chiite Moqtada Sadr, vainqueur des législatives qui tente de former un gouvernement avec M. Abadi, a dénoncé dans un tweet des "vandales infiltrés" parmi les manifestants, reprenant la thèse défendue par les autorités depuis le début de la contestation.

En juillet, le gouvernement avait déjà annoncé un plan d'urgence de plusieurs milliards de dollars pour le sud du pays, épargné par la guerre contre le groupe Etat islamique (EI) mais délaissé sur le plan des infrastructures. Mais les protestataires se méfient des promesses faites par un gouvernement sur le départ, alors que les difficiles tractations se poursuivent pour renouveler la direction du pays.



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