Un camion passant sous un panneau annonçant l'entrée dans la ville d'Idleb, dans le nord de la Syrie, le 25 août 2018. AFP / OMAR HAJ KADOUR
Des groupes rebelles de la province syrienne d'Idleb (nord-ouest) ont fait sauter deux ponts dans une zone adjacente à cet ultime grand bastion insurgé, pour se protéger en cas d'une offensive du régime, a rapporté vendredi une ONG.
Les deux ponts situés dans la province de Hama, voisine d'Idleb, reliaient les territoires insurgés aux zones gouvernementales. Ils enjambaient des branches du fleuve Assi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Des factions islamistes du Front national de libération (FNL), principale coalition rebelle d'Idleb, "ont fait sauter dans la nuit les deux ponts, situés dans le secteur de Sahl al-Ghab à Hama", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. "C'était les deux principaux ponts du secteur, mais il y en a deux autres", a-t-il précisé.
Selon des experts, les territoires rebelles de Sahl al-Ghab, à cheval sur les provinces de Hama et d'Idleb, pourraient être une des cibles d'une offensive du régime et de son allié russe.
Depuis des semaines, le régime de Bachar el-Assad amasse des renforts aux abords d'Idleb, région frontalière de la Turquie, notamment près de Sahl al-Ghab.
"Les rebelles ont observé une activité intense côté régime, avec l'arrivée de chars et de blindés dans le secteur", a souligné M. Abdel Rahmane. "Les groupes rebelles fortifient leurs positions en prévision d'une opération militaire", a-t-il ajouté.
Ces derniers jours, le régime et son allié russe ont haussé le ton au sujet d'Idleb, province dominée par Hayat Tahrir al-Cham, une organisation jihadiste créée par l'ex-branche syrienne d'el-Qaëda.
"La décision du commandement syrien c'est la lutte contre le Front al-Nosra à Idleb, quels que soient les sacrifices", a martelé jeudi le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem, utilisant l'ancien nom de l'ex-branche syrienne d'el-Qaëda.
Des troupes turques sont aussi stationnées dans la zone et la Turquie, parrain de certains groupes rebelles, notamment le FNL, ne veut pas d'assaut, craignant un nouvel afflux de réfugiés vers sa frontière.
Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 avec la répression par le régime de manifestations pro-démocratie, s'est transformé au fil des ans en une guerre meurtrière qui a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.


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